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AIRE-SUR-LA-LYS

Présentation topographique, historique
et architecturale de la période médiévale airoise.
    
Septembre 1999.

 

PLAN.

1° SITUATION TOPOGRAPHIQUE DU LIEU.

2° HISTORIQUE DE LA VILLE.

    A. L'OCCUPATION DU SOL.

    B. LE CASTRUM.

    C. LE BOURG.

    D. L'AMITIÉ.

    E. LE BAILLI.

3° HISTORIQUE ET ANALYSE DES ENCEINTES SUCCESSIVES.

    A. LA VILLE D'AIRE D'APRÈS LE PLAN DE DEVENTER.

    B. LES FORTIFICATIONS D'AIRE  D'APRÈS LE PLAN DE DELMAIRE.
 

4° LES ÉDIFICES CIVILS.

    A. LES ELEMENTS DE CONSTRUCTION.

    B. ARCHITECTURE ET INDUSTRIE A AIRE.

    C. LES HABITATIONS A AIRE.
 
 
 
 

Aire sur la Lys



1)  SITUATION TOPOGRAPHIQUE DU LIEU.

COMME SAINT OMER, LILLERS, ET BÉTHUNE SES VOISINES,  AIRE A PRIS NAISSANCE AU PIED DES COLLINES DE L'ARTOIS, AU CONTACT DE LA PLAINE DE FLANDRE. VERS CE POINT DESCEND, POUR Y DEVENIR NAVIGABLE, LA  LYS, DÉROULANT DÉSORMAIS VERS L'ESCAUT SES NOMBREUX MÉANDRES. DE MODESTES HAUTEURS S'AVANCENT  JUSQUE AUX PORTES DE LA VILLE;  VALLÉES ET SOMMETS SONT COUVERTS DE LIMONS AINSI QUE DE  GRAVIERS ANCIENS, OU DE SABLES  D'ARGILE PLASTIQUE. CES PLATEAUX ONT DEPUIS LONGTEMPS PORTE  DES NOMS QUI LES DISTINGUENT : ex. LE MONT SAINT MARTIN.
AU DELÀ VA S'ÉLARGISSANT LA PLAINE DE LA LYS, VÉRITABLE VALLÉE ALLUVIALE FORMÉE DE LIMON ARGILEUX JAUNE. LA LYS PÉNÈTRE A AIRE DANS UNE SORTE D'ENTONNOIR. JUSQUE LA SA DÉCLIVITÉ A ÉTÉ FORTE MÊME DANS LA TRAVERSÉE DE LA COMMUNE, C'EST A DIRE SUR ENVIRON 15 KILOMÈTRES, LE NIVEAU NE PASSE QUE DE 21 A 19 MÈTRES. AUSSI, LES BRAS DE LA RIVIÈRE SE MULTIPLIENT, SE REJOIGNENT, AYANT AU COURS DES AGES PLUS  D'UNE MODIFICATION.

 2) HISTORIQUE DE LA VILLE.

A. L'OCCUPATION DU SOL.

A L'ÉPOQUE GAULOISE, LE PAYS ÉTAIT DEJA ZONE FRONTIÈRE ET LE DEMEURERA LONGTEMPS. LE FUTUR EMPLACEMENT DE  LA VILLE D'AIRE SE TROUVAIT SEULEMENT A ENVIRON 10 KILOMÈTRES DU CHEF LIEU  DE LA CIVITAS ET COMME LES GRANDES VOIES ROMAINES DE THEROUANNE A ARRAS ET DE THEROUANNE A CASSEL PASSAIENT  NON LOIN DE LA ,ON PEUT SE DEMANDER SI AIRE EUT QUELQUE RAPPORT AVEC CE RÉSEAU ROUTIER. A CE POINT DE VUE  L'ATTENTION EST ATTIRÉE PAR L'EXISTENCE  D'UNE ROUTE QUI , VENANT DE CASSEL,  ABOUTIT SUR LA LYS,  AU PONT DE THIENNES ,  A 5 KILOMÈTRES DE LA VILLE D'AIRE. NON LOIN DE LA FURENT DÉCOUVERTES EN 1910 , AU COURS  D'UN  DRAGAGE DU CANAL , TROIS STATUES REPRÉSENTANT MERCURE,  MARS ET JUPITER.
CETTE ROUTE AURAIT PU AVOIR UN BUT D'ORDRE ÉCONOMIQUE:  FACILITER LA CIRCULATION ET LE COMMERCE DU BLÉ. IL ÉTAIT DONC NORMAL QUE LES ROMAINS Y AIENT DRESSE COMME A UN CROISEMENT DE ROUTES ,DES AUTELS A LEURS DIEUX.
LA FIN DU IV SIÈCLE ALLAIT VOIR L'INVASION ET LA COLONISATION  DE L'ESPACE FLAMAND PAR LES FRANCS. CEUX-CI , REMONTANT LA VALLÉE DE LA LYS, AURAIENT ETE ARRÊTES PAR LA ZONE D 'INONDATION  QUI S'ÉTENDAIT  ENTRE ARMENTIÈRES ET AIRE.
  LES FRANCS IMPLANTES EN FLANDRE  ORIENTALE SE GLISSANT LE LONG DE LA COTE, AURAIENT OCCUPE LE BOULONNAIS ET ENSUITE, SE SERAIENT ÉTENDUS JUSQU'A LA HAUTE-LYS. LA LANGUE GERMANIQUE, INTRODUITE PAR EUX DANS LE PAYS ET LONGTEMPS EN USAGE DANS CERTAINS QUARTIERS, CÉDA PEU A PEU LA PLACE A LA  LANGUE ROMANE.

LA COLONISATION DE L'EMPIRE PAR LES BARBARES, LES ETABLISSEMENTS DE CEUX-CI AU V SIECLE, ACCENTUÈRENT SANS DOUTE LE GROUPEMENT DE LA POPULATION RURALE, MAIS  NE BRISERENT PAS LES CADRES DE LA POPULATION FONCIÈRE. LE " FUNDUS" GALLO ROMAIN DEMEURA LA PLUPART DU TEMPS INTACT; IL FUT CONTINUE PAR LA VILLA MEROVINGIENNE,  OU CAROLINGIENNE. ON  SE TROUVE DONC ICI EN PRÉSENCE D'UN GRAND DOMAINE AVEC SON ÉGLISE CONSTRUITE PAR LE PROPRIÉTAIRE, ET CELA  AU MILIEU DU VII. AIRE, VILLA ARIA , APPARAÎT EN 857 SOUS CE NOM ET ELLE POSSÈDE SON EGLISE "MONASTERIUM". PLUS BAS, AU PIED  DE LA COLLINE , UN RIVAGE  Y ETAIT  ETABLI  FAVORISANT  LE MODESTE  COMMERCE DE LA VILLA ET QU'ACCOSTAIENT LES BATEAUX REMONTANT  LA LYS ET DÉCHARGEANT LA , LEURS MARCHANDISES A DESTINATION DE SAINT OMER.
AUSSI, DANS CES RÉGIONS, LES DÉFRICHEMENTS ONT COMMENCE DE BONNE HEURE , ATTEIGNANT EN GÉNÉRAL LEUR PLEIN  DEVELOPPEMENT ENTRE LE XI ET LE XIII . DES NOMS RAPPELLENT LES LIEUX BOISES QUI ONT FAIT PLACE AUX CHAMPS. IL NE SEMBLE PAS Y AVOIR DE DOUTE SUR L'IDENTIFICATION  DU TERME  ARIA , LA VILLE AYANT TOUJOURS ETE  DÉSIGNE SOUS CE NOM . SUR L' ORIGINE DE CE  NOM ,ON PEUT LE RATTACHER AU MOT LATIN AREA D'OU AIRE ,ESPACE DÉCOUVERT .
D' AUTRE PART , ON APPLIQUE ICI LA GRANDE REGLE QUI FAIT DÉRIVER TANT DE NOMS DE LIEUX ROMAINS, LE GENTILICE S'ÉTANT TRANSFORME DIRECTEMENT EN ADJECTIF S'ACCORDANT AVEC LE SUBSTANTIF SOUS-ENTENDU “ VILLA ”

B. LE CASTRUM.

QUAND LE NOM D'AIRE ENTRE POUR LA PREMIÈRE FOIS DANS L'HISTOIRE (857) LES NORMANDS ONT DEJA COMMENCE LEURS INCURSIONS EN FLANDRE ET, JUSQU'A LA FIN DU SIECLE, ILS BRULERONT ET RAVAGERONT LE PAYS. LE SITE EN TOUT CAS NE POUVAIT ETRE DEFINITIVEMENT DELAISSE; MILITES, CLERCS, ET MARCHANDS ALLAIENT COLLABORER A LA FONDATION D'UNE VILLE NOUVELLE. LA LUTTE CONTRE LES NORMANDS AVAIT AMENE LA CREATION DE NOMBREUX LIEUX FORTIFIES: LES CASTRA . CELUI D'AIRE FUT PEUT ETRE L'OEUVRE DE BAUDOIN II, COMTE DE FLANDRE (879-918), ET LA TOPONYMIE URBAINE EN PERPETUE TOUJOURS LE SOUVENIR PAR SON "PONT DU CASTEL". IL SE DRESSAIT AU CONFLUENT DE LA LACQUETTE ET DE LA LYS. ON AFFIRME QU'AU XVII DES SOUBASSEMENTS DE PIERRE BLANCHE FURENT DECOUVERTS AU LONG DE LA LACQUETTE ET DEVANT LA PORTE NOTRE DAME, OU DEVAIT SE DRESSER L'ENCEINTE DU CASTRUM.
 A L'INTERIEUR, LES EDIFICES ETAIENT MULTIPLES: - LA DEMEURE DU SEIGNEUR; - LA SALLE DU COMTE (Qui subsistra longtemps);  - L' ORATOIRE; - LA CHAPELLE CASTRALE; - LES HABITATIONS DU CHEF DU CASTRUM ET DE SES MILITES; - LE LIEU DE REUNION DES ECHEVINS, JUGES DU DOMAINE. LE CASTRUM EST EN EFFET UN CENTRE DOMANIAL.
 IL RENFERME L'EPIER OU S'ACCUMULENT LES GRAINS ET LES VIVRES QUI Y PARVIENNENT PAR TERRE ET PAR EAU. CES CASTRA FLAMANDS DEVINRENT LES CHEFS LIEU DE NOUVELLES CIRCONSCRIPTIONS : LES CHATELLENIES. C'EST EN 1075, QU'EST CITEE POUR LA PREMIERE FOIS LA CHATELLENIE D'AIRE.

QUELLE ETAIT L'IMPORTANCE DU CASTRUM AIROIS ?

ON PEUT S'EN FAIRE UNE IDEE RELATIVE EN CONSIDERANT LE TABLEAU DE VERCAUTEREN. ON CONSTATERA QU'AIRE SE PLACE IMMEDIATEMENT APRES LES GRANDS CENTRES ET LAISSE LOIN DERRIERE ELLE LES AUTRES LOCALITES. EN EFFET, ARRAS, BRUGES ET LILLE ARRIVENT EN TETE AVEC RESPECTIVEMENT 13,12,11 CHARTES. AIRE SE PLACE TOUT DE SUITE APRES ELLES AVEC 7 CHARTES, AVANT ST OMER ET GAND AUXQUELLES ON NE PEUT ATTRIBUER QUE 5 CHARTES CHACUNE.

C. LE  BOURG.

LA VILLE ETAIT DONC EN VOIE DE FORMATION AUPRES DE L'EGLISE ET DU CASTRUM. LE XI SIECLE EST EN EFFET, POUR TOUTE L'EUROPE OCCIDENTALE, L'EPOQUE DE LA RENAISSANCE URBAINE. SA SITUATION DEVAIT EN FAIRE UN CENTRE D'ATTRACTION, UN CARREFOUR. DES FOIRES NOMBREUSES S'Y FONDERENT ET PROSPERENT. MARCHANDS ET ARTISANS, HOMMES LIBRES, CONSTITUANT UNE  CLASSE NOUVELLE, S' INSTALLERENT AUPRES DES CASTRA OU DES CITES ANCIENNES FORMANT CE QU'ON APPELLE DES PORTUS, CE  TERME MONTRE CLAIREMENT QUE C' ETAIT AU COMMERCE QUE LES VILLES NOUVELLES DEVAIENT LEUR ORIGINE. LE SITE D'AIRE ,  TEL QU'ON L'A DECRIT, AU BORD DE LA LYS, ENTRE LA COLLINE ET LA PLAINE, SUR LA CARTE QUI MENE A ARRAS, A ST OMER ET A CALAIS, DEVAIT ATTIRER DES MARCHANDS DESIREUX DE S'Y FIXER. A SON TOUR, LE COMMERCE AMENA L'INDUSTRIE. LES DRAPIERS, SI REPANDUS EN FLANDRE, CHERCHAIENT DANS LES VILLES UN DEBOUCHE ASSURE. AINSI, PRES DU CASTRUM AIROIS, ALLAIT SE FORMER UN NOUVEAU BOURG : AGGLOMERATION DE MARCHANDS ET D'ARTISANS QUI GARDERENT UN CARACTERE RURAL.

D.  L'AMITIE.

UNE FOIS FIXES AU PIED DU CASTRUM, LES HABITANTS SE TROUVAIENT PLACES SOUS L'AUTORITE DIRECTE DU REPRESENTANT DU COMTE.
 ILS RECEVAIENT LA TERRE DONT ILS AVAIENT BESOIN POUR S'ETABLIR ET PAYAIENT AU SEIGNEUR UN DROIT DE JUSTICE. MAIS DES RAPPORTS DE VOISINAGE S' ETABLISSENT NECESSAIREMENT ENTRE DES INDIVIDUS QUI VIVENT COTE A COTE. CES RELATIONS D'AMITIE OU D'AFFAIRES FONT NAITRE LE SENTIMENT QU'ON FAIT PARTIE D'UN MEME GROUPEMENT SOCIAL. BIENTOT TOUS LES MEMBRES DE L'AGGLOMERATION SE RENDENT COMPTE QU'ILS ONT DES INTERETS COMMUNS A DEFENDRE ET QU'ILS DOIVENT S'UNIR.
 IL PARAIT NATUREL QUE LES BOURGEOIS VIVANT DANS CES CONDITIONS SE SOIENT RAPPROCHES LES UNS DES AUTRES SPONTANEMENT, QU'ILS SE SOIENT, PARTICULIEREMENT  A  AIRE  DONNE LE NOM D'AMIS, ET QU'ILS AIENT FAIT LE SERMENT DE S'AIDER LES UNS LES AUTRES DANS UNE SOCIETE APPELEE: L' AMITIE.   C'EST UN TEXTE  DE 1188 QUI NOUS FAIT CONNAITRE LA CELEBRE PAIX DE LA VILLE D'AIRE;   LA LOI DE L'AMITIE. DONC LES PREMIERS OCCUPANTS S'ETAIENT GROUPES D'EUX - MEMES, ETAIENT DEVENUS PAR LEUR PROPRE CHOIX LES AMIS ET ILS ONT PRIS LES MOYENS DE REPRIMER LES ATTEINTES PORTEES A LA PAIX URBAINE GRACE AU CHOIX DE JUGES ET DE JURES. LA FORMATION DE PAREILLES ASSOCIATIONS FUT UN PROGRES : L'IDEE DE FRATERNITE ET D'EGALITE DONT ELLES S'INSPIRENT, L'INSTITUTION D'UN TRIBUNAL ARBITRAL OU EST ADMISE LA PREUVE PAR TEMOINS. PAR LA, LES AMIS PRENNENT CONSCIENCE QU'ILS APPARTIENNENT A UNE COMMUNAUTE ET LE TEXTE MEME DE L'AMITIE LE SUGGERE.

E.   LE BAILLI.

L'ARTOIS  A ETE TERRE FLAMANDE JUSQU'AU DEBUT DU XIII SIECLE. IL N'EST DONC PAS SURPRENANT QUE LES BAILLIS QUE L'ON RENCONTRE A AIRE OU A ST OMER PUISSENT ETRE COMPARES A LEURS VOISINES DU COMTE DE FLANDRE. LEURS ATTRIBUTIONS SONT MULTIPLES ET VARIEES, ET DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA VILLE,  ON PEUT DIRE QUE LEURS FONCTIONS SONT A LA FOIS ADMINISTRATIVES, JUDICIAIRES, FINANCIERES, ET MILITAIRES.
A SON ENTREE EN CHARGE LE BAILLI, AGISSANT DE FACON ANALOGUE A CELLE DU PRINCE QU'IL REPRESENTAIT, JURAIT DE RESPECTER LES PRIVILEGES DE LA VILLE.
LE BAILLI S'ENGAGEAIT A GARDER LES DROITS DE DIEU, DE L'EGLISE, DU ROI, DES VEUVES ET DES ORPHELINS. ENSUITE, IL DECLARAIT QU'IL RENDRAIT LA JUSTICE SANS FAIRE ACCEPTION DE PERSONNE ET, POUR CELA EMPRUNTAIT LES TERMES MEMES DE LA LOI DE L'AMITIE. D'APRES LA CHARTE DE 1374 QUI NE FAIT QUE RECONNAITRE UN ETAT DE CHOSES ETABLI DEPUIS LONGTEMPS.
 LE BAILLI UNIT PARFOIS A SA CHARGE LE TITRE DE CAPITAINE DE LA VILLE;  IL A DONC LA GARDE ET LA DEFENSE DU CHATEAU.
BREF, EN TOUTES MATIERES, IL EST L'AGENT EXECUTIF DU POUVOIR PUBLIC. CHOISIS EN REGLE GENERALE HORS DE LA CIRCONSCRIPTION QUI LEUR ETAIT CONFIEE, CHANGES FREQUEMMENT DE POSTE, OBJETS D'ENQUETES ORDONNEES PAR LE POUVOIR CENTRAL, LES BAILLIS FURENT DE LOYAUX SERVITEURS ET DE BONS ADMINISTRATEURS. IL NE SERAIT PAS ETONNANT QU'AU COURS DU XI AU XIII SIECLE LES FONCTIONS DU BAILLI AIENT SUBI QUELQUES MODIFICATIONS ET QUE SES POUVOIRS SE FUSSENT ACCRUS AU DETRIMENT DU CHATELAIN ET DES ECHEVINS. A L'ORIGINE, LE POUVOIR PUBLIC RESTREIGNAIT LE POUVOIR DU BAILLI,  IL L'ACCROISSAIT AU XV SIECLE, A MESURE QUE LUI MEME ETAIT AMENE A INTERVENIR DANS LES AFFAIRES DE LA VILLE.
 

3)  HISTORIQUE ET ANALYSE DES ENCEINTES .

A. LA VILLE D'AIRE D'APRES LE PLAN DE J. DEVENTER.

Plan Aire

LE PLAN DE J. DEVENTER DRESSE EN 1558 A ÉTÉ AUSSI UTILISE PAR LE CHANOINE PAUL BERTIN DANS SA THÈSE " UNE COMMUNE FLAMANDE - ARTÉSIENNE - AIRE SUR LA LYS". CE PLAN N'EST QU'UNE ÉBAUCHE DE CE QU'ÉTAIT AIRE SUR LA LYS AU MOYEN AGE. J. DEVENTER N'A ÉMIS QUE DES HYPOTHÈSES ET ICI IL A MIS L'ACCENT SUR LA DÉFENSE DE LA VILLE. EN EFFET, ON IGNORE TOTALEMENT LE RÔLE QU'A PU JOUER LA MILICE AIROISE AU COURS DES GUERRES ET DES EXPEDITIONS. ON EST MIEUX RENSEIGNE SUR L'ACTIVITE MILITAIRE DES BOURGEOIS A L'INTERIEUR DE LA VILLE. EN EFFET, LE GUET QUI ASSURAIT LA GARDE DES PORTES ET DES MURAILLES INCOMBAIT AUX BOURGEOIS.
 C' ETAIT UNE LOURDE CHARGE A LAQUELLE ILS ESSAYAIENT DE SE SOUSTRAIRE, SI BIEN QU'IL AVAIT FALLU ETABLIR UNE TAXE FRAPPANT CEUX QUI NE VOULAIENT PAS PARTICIPER AU GUET. LES DIFFICULTES D' ASSURER  CELUI-CI  ETAIENT D'AUTANT PLUS GRANDES QUE LES NON-BOURGEOIS, GENS D'EGLISE OU OFFICIERS DU PRINCE, PRETENDAIENT Y ECHAPPER.
C'EST POURQUOI, AU COURS DE LA GUERRE DE CENT ANS, LES ECHEVINS FIRENT APPEL AU ROI POUR CONTRAINDRE TOUS CEUX QUI, A UN TITRE QUELCONQUE, POUVAIENT PROFITER DE L'ABRI DES REMPARTS, A COOPERER, AU MOINS INDIRECTEMENT, A LEUR DEFENSE. LE 20 AVRIL 1372, LE GOUVERNEUR DU BAILLAGE D'AMIENS SE TRANSPORTA A AIRE POUR OBLIGER LES CHANOINES ET PLUSIEURS AUTRES HABITANTS A SE SOUMETTRE A LA DECISION ROYALE. DES CONFRERIES, DES SERMENTS, COMME L'ON DISAIT SOUVENT, S'ORGANISAIENT POUR LA DEFENSE DE LA VILLE : ON TROUVE DES ARBALETRIERS AU DEBUT DU XIV SIECLE. LES FORTIFICATIONS ETAIENT POUR LA VILLE LA CAUSE DE NOMBREUX SOUCIS.
LES MURS QUI L'ENTOURAIENT ETAIENT PERCES DE QUATRE PORTES : D'ARRAS, DE ST OMER, DU MOLINEL, DE BIENNES, CELLE-CI FLANQUEE PAR LE CHATEAU. UN ARC LAISSAIT PASSER LE MARDYCK ET LA LYS, LAQUELLE QUITTAIT LA VILLE PAR LA PORTE D'EAU.
 LES REMPARTS ETAIENT GENERALEMENT LA PROPRIETE DES COMTES QUI LES AVAIENT ELEVES, MAIS L'ECHEVINAGE ETAIT CHARGE DE LES ENTRETENIR. AUSSI, LES MAGISTRATS AVAIENT-ILS PUBLIE DES REGLEMENTS INTERDISANT DE S'EMPARER DES PIERRES DES MURAILLES.

ON NE POUVAIT S'Y PROMENER ET, EN TEMPS DE GUERRE, ON PUNISSAIT DE MORT QUICONQUE TENTAIT DE LES FRANCHIR. A L'INTERIEUR EXISTAIT UNE VOIE JOIGNANT LES MURS. AU DEHORS, ON ABATTAIT PARFOIS LES MAISONS QUI AURAIENT PU GENER LA DEFENSE ET, POUR FACILITER CELLE-CI,  ON ETABLISSAIT DES CLAIES AVEC DU BOIS PROVENANT DE LA FORET DE NIEPPE. IL ETAIT DE PLUS, INTERDIT DE CONDUIRE PAITRE LE BETAIL DANS CETTE ZONE.
L'INCENDIE EN 1405  A DETRUIT L'UNE DES PORTES. LA VILLE A DONC DE CE FAIT UNE LOURDE CHARGE A SUPPORTER. TOUTEFOIS LE CHATEAU EST AUX MAINS DU SEIGNEUR.
 CONCERNANT LE CHATEAU, ON PEUT DIRE QU'IL ETAIT DOTE D'UN PONT QUI SE TROUVAIT DERRIERE LA FORTERESSE, CEPENDANT CE PONT CONDUISAIT VERS LES JARDINS ET POUVAIT ETRE OCCUPE FACILEMENT PAR L'ENNEMI, LE CAPITAINE DECIDA ALORS D'UN COMMUN ACCORD AVEC QUELQUES CHEVALIERS D'ABATTRE LE PONT.  ON PEUT DONC CONCLURE QUE LA DEFENSE DE LA VILLE ETAIT A LA FOIS L'OEUVRE DU POUVOIR PUBLIC ET CELLE DES HABITANTS...LA COMMUNAUTE ASSUMAIT LA PART PREPONDERANTE DE LA VIE MILITAIRE URBAINE.
 

B. LES FORTIFICATIONS D'AIRE D'APRES B. DELMAIRE.

Plan Aire

LA BASE DE CE SCHEMA EST LE PLAN DE DEVENTER  AUQUEL MR DELMAIRE A AJOUTE OU ENLEVE QUELQUES ANOTATIONS. EN EFFET, IL A  AJOUTE LA PORTE DE BIENNES QUI N'ETAIT PAS SUR LE PLAN DE DEVENTER.
LES COURS D'EAU POSENT DES PROBLEMES, CAR ILS ONT PARFOIS CHANGE DEPUIS LE MOYEN-AGE, LE MADYCK EST DIT AUJOURD'HUI LA LACQUETTE DANS SON PARCOURS EN VILLE, ALORS  QU'AU MOYEN-AGE ILS ETAIENT PEUT-ETRE PARALLELES. SUR LE PLAN DE DEVENTER IL Y A DEUX COURS D'EAU: LE MADYCK ET LA LACQUETTE, QUI LONGE DE FOSSE A L'EST DE LA VILLE  JUSQU'A LA PORTE DU MOLINEL ET SE DIRIGE AUSSI VERS LA LYS.
AIRE A ETE TRES TOT ENTOUREE DE REMPARTS COMME NOMBRE DE PETITES VILLES ARTESIENNES ; DE NOMBREUX DOCUMENTS D'ARCHIVES, DES PLANS, DES MAQUETTES PERMETTENT DE LES ETUDIER. MAIS CETTE ICONOGRAPHIE N'EXISTE PAS A L'EPOQUE MEDIEVALE.
IL EST POSSIBLE D'UTILISER POUR LE MOYEN-AGE LES REPRESENTATIONS FIGUREES DE L'EPOQUE MODERNE, SI L'ON PEUT PROUVER, GRACE AUX DOCUMENTS D'ARCHIVES, QUE LES GRANDES LIGNES DU SYSTEME DEFENSIF MODERNE SONT ENCORE CELLES DU MOYEN-AGE.
 MAIS AVANT LE XVI SIECLE, IL FAUT RECOURIR AUX SEULES SOURCES ECRITES. CES SOURCES SONT AVANT TOUT  DES COMPTES: LES COMPTES DE LA VILLE ET CEUX DU BAILLAGE.
LES COMPTES DE LA VILLE SONT ICI LES COMPTES DES "OEUVRES ET FORTIFICATIONS" REDIGES PAR DEUX MAITRES NOMMES PAR LE MAIRE ET LES ECHEVINS.
LES COMPTES DU BAILLAGE NE SONT PAS MOINS IMPORTANT CAR ILS ONT UNE RUBRIQUE DETAILLEE DE DEPENSES DES TRAVAUX SUR LES DEUX CHATEAUX D'AIRE QUI APPARTIENNENT AU PRINCE.
LE PREMIER, LA " SALLE " AVAIT ETE LA PREMIERE RESIDENCE COMTALE A AIRE DANS LE CASTRUM, ATTESTEE DES LE XI SIECLE. AU XV SIECLE, C'ETAIT UN BATIMENT FORTIFIE ENTOURE D'UN FOSSE AVEC PONT-LEVIS, L'EAU DES FOSSES VENANT DU RUISSEAU QUI TRAVERSE AIRE DU SUD AU NORD POUR SE JETER DANS LA LYS ET APPELE AUJOURD'HUI LA LACQUETTE MAIS AU MOYEN-AGE LE MADYCK.
C'ETAIT LA RESIDENCE DU BAILLI ET DES COMTES LORS DE LEURS PASSAGES A AIRE ; CE FUT DONC TOUJOURS LE SIEGE DE L'AUTORITE COMTALE DANS LA VILLE.
LE SECOND CHATEAU EST D'ORIGINE PLUS RECENTE (XIII), IL EST SITUE A L'OUEST DE LA VILLE PRES DE LA PORTE DE BIENNES, ON LE VOIT ENCORE SUR LE PLAN RELIEF DES INVALIDES CAR IL NE FUT DETRUIT QU'AU XVIII SIECLE.
LES REMPARTS AVAIENT LA FORME D'UN RECTANGLE DONT L'ANGLE SUPERIEUR DROIT SERAIT ABATTU. LES QUATRE GRANDS ACCES A LA VILLE ETAIENT, A L'OUEST, LA PORTE DE BIENNES  AU SUD DU CHATEAU ; AU NORD, LA PORTE DE SAINT OMER VERS LE VILLAGE DE SAINT MARTIN ; A L'EST, LA PORTE DU MOLINEL DERRIERE LA COLLEGIALE SAINT PIERRE DITE AUSSI PORTE NOTRE DAME.
L'ASPECT DE CES ACCES SONT PLUS AU MOINS BIEN CONNU GRACE AUX COMPTES. LES ACCES COMPRENAIENT UNE OUVERTURE ENCADREE DE DEUX TOURS.

CES TOURS, RONDES, VOUTEES, AVAIENT PLUSIEURS PIECES ET UNE " HAUTE LOGE " A L'ETAGE POUR ABRITER LES VEILLEURS ET POUR ENTREPOSER ARMES ET MATERIAUX, ELLES ETAIENT COUVERTES DE TUILES.

LE CHATEAU DU XIII SIECLE ETAIT L'ELEMENT DE DEFENSE LE PLUS IMPORTANT. IL DONNAIT SUR LES FOSSES DE LA VILLE MAIS ETAIT AUSSI ENTOURE D'EAU DES TROIS AUTRES COTES, CE QUI EXPLIQUE QUE LES COMPTES PARLENT D'UNE  " PORTE DEVANT "  ET   D'UNE " PORTE DERRIERE " .
LE CHATEAU ETAIT CARRE AVEC UNE COUR CENTRALE, CHAQUE ANGLE ETANT LE LIEU D'UNE " TOUR CORNIERE ". ON A UNE IDEE DE L'EPAISSEUR DE SES MURS PAR LES REPARATIONS DE 1436-1437 A LA TOUR ET AU MUR VERS LE MONT BIENNES : ILS AVAIENT SEPT PIEDS D'EPAISSEUR (ENVIRON DEUX METRES).
QUAND A LA HAUTEUR, LES MEMES COMPTES NOUS APPRENNENT QU'EN 1436-1437 LE MUR VERS LA PORTE DE BIENNES AVAIT 25 PIEDS DE HAUT, ET QU'EN 1433-1434 LE MUR VERS LA MAISON DU BIAULIEU EN AVAIT 36 (PRES DE 11 METRES).
LE MATERIAU EMPLOYE ETAIT AVANT TOUT LA BRIQUE, COMME POUR LES MURS DE LA VILLE, MAIS AUSSI DU CALCAIRE.
CES REMPARTS ET LE CHATEAU ETAIENT ENTOURES D'UN LARGE FOSSE FACILEMENT ALIMENTE PAR L'EAU QUI ABONDE DANS LE CREUX OU EST BATIE LA VILLE, MAIS SA LARGEUR DEVAIT ETRE VARIABLE. LA LARGEUR DU FOSSE A L'OUEST DU CHATEAU DEVAIT ETRE BEAUCOUP PLUS GRANDE, UNE TRENTAINE DE METRES.

4 )  LES EDIFICES CIVILS .

A .LES ELEMENTS DE CONSTRUCTION.

POUR LA CONSTRUCTION ET  LA COUVERTURE DES EDIFICES TELS QUE LES MAISONS DE MARCHANDS, LES ENVIRONS IMMEDIATS D'AIRE OFFRAIENT LA TERRE PROPRE A FACONNER  BRIQUES ET  TUILES.  LES UNES ET LES AUTRES DEVAIENT ETRE FABRIQUEES SUIVANT UN MOULE OFFICIEL DEPOSE A LA HALLE. LORSQU'IL S'AGISSAIT DES BRIQUES,  ON TOLERAIT QUE, SUR UN MILLIER DE BRIQUES CUITES, IL Y EN EUT UNE CENTAINE DE MANQUEES.
POUR LES TUILES, LES PRESCRIPTIONS ETAIENT UN PEU PLUS NOMBREUSES. LES MESURES PRISES AUX XIV ET XV SIECLES CONTRE LES INCENDIES DURENT EN EFFET, DEVELOPPER L'ACTIVITE DES TUILERIES ET LA VILLE ELLE-MEME POSSEDA LA SIENNE.
A JUSTE TITRE LES BOIS DE CONSTRUCTION FURENT DE PLUS EN PLUS UTILISES. CEPENDANT ILS VENAIENT DES BOIS VOISINS DE WATTELOT ET DE NIEPPE. ILS ARRIVAIENT A AIRE EN REMONTANT LA LYS.

B . ARCHITECTURE ET INDUSTRIE A AIRE-SUR-LA-LYS.

A L'AUBE DU XII SIECLE, AIRE AVAIT DEJA ACQUIS UNE IMPORTANCE URBAINE CONSIDERABLE. IL N'EST DONC PAS ETONNANT QU'AIRE AIT ETE L'UNE DES PREMIERES VILLES DE FLANDRES A RECEVOIR UN "KEURE" (CONFIRMATION ECRITE DE SES LIBERTES ET PRIVILEGES) DANS LES ANNEES 1180. LA VILLE RESTE LIEE AU COMTE DE FLANDRE ; ET DES 1201, ELLE A A SA TETE UN FONCTIONNAIRE "LE BAILLI" ET NON PLUS UN CHATELAIN. ELLE EST DIRIGEE PAR DES ECHEVINS, SOUVENT MARCHANDS OU FABRICANTS DE LA VILLE : TEINTURIERS, DRAPIERS, TAILLEURS....ELLE POSSEDE UNE PLACE COMMERCIALE DE PREMIER ORDRE.

LE CENTRE ECONOMIQUE QU'EST LA VILLE D'AIRE EST TRAVERSE PAR LA VOIE IMPORTANTE QUI VA D'ARRAS A SAINT-OMER ET A CALAIS.
SUR CES ROUTES SE DEROULE LE VA ET VIENT DES NEGOCIANTS GRANDS OU PETITS, BOURGEOIS , SE RENDANT A QUELQUES FOIRES DE LA REGION, MARCHANDS DE BLE, DE POISSON SE FAISANT PLUS NOMBREUX A L'APPROCHE DES FETES.
 LA LYS EST LA GRANDE ARTERE COMMERCIALE, LES TRANSPORTS PAR EAU SONT TRES FREQUENTS POUR DIVERS OBJETS.
EN PRINCIPE, LA VILLE PREFERAIT ET PARFOIS ELLE IMPOSAIT LA VENTE AU MARCHE ET AUX HALLES, CAR ELLE EST PLUS FACILE A SURVEILLER QUE CELLE QUI AVAIT LIEU AU DOMICILE DES MARCHANDS.
LE MARCHE, C'EST AVANT TOUT, LE FORUM, LA GRAND PLACE, DIVERS EMPLACEMENTS Y ONT ETE PREVUS : LE BLE ET L'AVOINE SONT EXPOSES AUPRES DU PILORI : TOURELLE A ETAGE.

L'INDUSTRIE ET LE COMMERCE DU DRAP ONT OBLIGE DE BONNE HEURE LA VILLE A POSSEDER UNE HALLE AUX LAINES. AU XIII SIECLE, AIRE ACHETA SUR LE MARCHE, LA HALLE DITE DE MALONNOY OU L'ON VENDAIT LES DRAPS AU DETAIL. DONC LA HALLE EST UNE GRANDE SALLE, OUVERTE PLUS OU MOINS LARGEMENT VERS L'EXTERIEUR, SERVANT AU COMMERCE ET OU SE TIENT LE PRINCIPAL MARCHE DES DENREES ALIMENTAIRES.
SUIVANT UNE CERTAINE EVOLUTION, LES AFFAIRES QUI S'ETAIENT TRAITEES A LA MAISON, AU MARCHE, A LA HALLE, L'ETAIENT ENFIN AUX FOIRES. LA VILLE, EPROUVEE PAR LA GUERRE ET L'INCENDIE, ESPERAIT RETROUVER, GRACE A CES REUNIONS UN PEU DE PROSPERITE.

AU MILIEU DU XIV SIECLE, LA VILLE FAIT L'EFFORT POUR RENOUVELER ET RANIMER LE MOUVEMENT DES AFFAIRES.
  LA PRESENCE D'UN BANQUIER ATTESTE SA VITALITE DANS CE DOMAINE. AIRE VIT AUSSI DE MOYENNES ET PETITES INDUSTRIES : LA DRAPERIE SURTOUT, MAIS LE TRAVAIL DU CUIR, NOTAMMENT LA FABRICATION DE SOULIERS. A CETTE EPOQUE LA VILLE COMPTAIT UNE HALLE AUX CHAUSSURES EN PLUS DE LA HALLE AUX DRAPS ET DE LA HALLE DE LA GUILDE FONDEE EN 1236. CES ACTIVITES SONT DIFFICILES A LOCALISER DANS LA VILLE MEDIEVALE.

ON PEUT NEANMOINS DISTINGUER LE QUARTIER DES TEINTURIERS (ACTUELLE RUE DE BRABANT), CELUI DES TISSERANDS ET ENFIN CELUI DES TANNEURS. DANS CETTE VILLE OU L'EAU EST PARTOUT PRESENTE, APPARENTE OU SOUTERRAINE, LES MOULINS AINSI QUE QUELQUES BRASSERIES EN BORDURE DE LA LYS PARTICIPENT DES LE MOYEN-AGE AU PAYSAGE.
LE PLUS GRAND SITE EST CELUI DE MOULIN LE COMTE  QUI EST ATTESTE COMME SITE ENERGETIQUE DES LE XII SIECLE. A CETTE EPOQUE ETAIT INSTALLE SUR LA LYS, UN MOULIN POUR LE COMTE DES FLANDRES  PHILIPPE D'ALSACE. PLUS TARD, ON FAIT MENTION DE DEUX MOULINS.

C. LES HABITATIONS A AIRE-SUR-LA-LYS .

LE PLUS SOUVENT EN TAS, PARFOIS EN RUE, LE VILLAGE ETAIT UN GROUPE DE MAISONS ENFOUIES DANS LA VERDURE DE LEURS HAIES. AINSI LE REPRESENTE LES ALBUMS DE CROY QUAND IL DELIMITE UN CANTON DE DIME OU DE TERRAGE CAR IL S'APPUIE PARFOIS SUR LES "HAIES DU VILLAGE".
A L'INTERIEUR DE CE CIRCUIT DE HAIES, LE SOL ETAIT DIVISE EN PARCELLES QU'EN FLANDRE WALLONNE ON APPELAIT DES "LIEUX" (1449). LE "LIEU"  ETAIT A LA FOIS LE COURTIL ET LA MAISON ; CELLE-CI POUVAIT ETRE DEMONTEE ET EMPORTEE DANS UN AUTRE VILLAGE OU L'IMPOT ETAIT MOINS LOURD :ON TRANSPORTAIT SON " LIEU " D'UN VILLAGE DANS UN AUTRE.
A L'INTERIEUR DE CES LIEUX S'ELEVAIENT LES BATIMENTS. LES MURETS D'AIRE ETAIENT PLUS IMPOSANTS QU'AILLEURS. CEUX DE L'HOTEL DE LA PREVOTE ETAIENT PALES, C'EST A DIRE ARMES DE PALS (PIEUX ENFONCES DANS LE SOL POUR SOUTENIR UN OUVRAGE EN TERRE), DE CLOUS ET DE BOIS, LATTES AVEC DES LATTES, PLAQUES AVEC DE LA TERRE ET MAINTENUS AVEC DES " HARCHELLES " (OSIER).
DANS LES CAMPAGNES ON NE PRENAIT PAS TANT DE SOINS ET LES MURETS N'ETAIENT PEUT-ETRE FAITS QUE DE TERRE. EN CE QUI CONCERNE LA CONSTRUCTION, A AIRE EN 1326 ON CONSTRUISIT UN MARESCAUCHIE DE 33 PIEDS SUR 18 AVEC DU GRES, DES PIERRES BLANCHES, DES CLOUS, DU FER POUR LE COLOMBAGE DES LATTES, DES PALS, DE LA TERRE POUR LE TORCHIS ET DES "HARCHELLES" (OSIER) POUR LA COUVERTURE.

LES ALBUMS DE CROY NE MONTRENT QUE DES CONSTRUCTIONS EN PARFAIT ETAT, AVEC DE BELLES POUTRES BIEN DROITES, COMME S'IL N'AVAIT PAS EXISTE DE CHENES TORDUS ; DE CE FAIT ON NE VOIT QU'UN ASPECT POSITIF DU PAYSAGE. CONVENTION PICTURALE ? IL FAUT ALLER DANS LA HOLLANDE DU XVII SIECLE POUR TROUVER PARFOIS DES TOITS CREVES ET DES MAISONS BANCALES.

LES ETAPES DE L'EVOLUTION DE LA VILLE D'AIRE PEUVENT ETRE GROUPEES EN DEUX PERIODES DONT LE MILIEU DU XIII SIECLE OCCUPE LE SOMMET. EN EFFET, ON NOTE L'ETABLISSEMENT DU CASTRUM, LA NAISSANCE DE L'AMITIE, LA CESSION A LA COMMUNE DE NOUVEAUX PRIVILEGES. PARALLELEMENT, LE COMMERCE, L'INDUSTRIE DE LA LAINE SE SONT DEVELOPPES.
AINSI, VERS 1250, AIRE POSSEDE TOUS LES ELEMENTS DE SA VIE POLITIQUE ET ECONOMIQUE, ET ON PEUT MEME DIRE QU'ELLE A ATTEINT SON APOGEE. L'ORGANISATION DE LA VILLE VIVRA DESORMAIS DES RICHESSES ACQUISES, LES DEFENDRA SANS TOUTEFOIS POUVOIR LES SAUVER.
POUR CONCLURE, ON PEUT DIRE QUE L'ACCENT DOIT ETRE MIS SUR LE GRAND INTERET DE CE TYPE DE PATRIMOINE, INDISSOCIABLE DE L'HISTOIRE ECONOMIQUE ET SOCIALE DE LA VILLE.
 


ORIENTATION BIBLIOGRAPHIQUE.

- AIRE -SUR-LA-LYS DES ORIGINES AU XVI SIECLE :UNE COMMUNE FLAMANDE-ARTESIENNE D'APRES LE CHANOINE PAUL BERTIN . ETUDES HISTORIQUES PUBLIEES SOUS LA DIRECTION DE MONSIEUR L'ABBE LESTOCQUOY. BRUNET - ARRAS 1946.

- ARCHITECTURE ET INDUSTRIE A AIRE-SUR-LA-LYS. SERVICE REGIONAL DE L'INVENTAIRE GENERAL NORD-PAS-DE-CALAIS.
COLLECTION  IMAGES DU PATRIMOINE 1990.

-  BULLETIN DE LA COMMISSION DEPARTEMENTALE DES MONUMENTS HISTORIQUES DU PAS-DE-CALAIS. TOME 9 / N ° 2 1873.

- " REVUE DU NORD HORS-SERIE ".
DOUZE ETUDES D'HISTOIRE RURALE FLANDRE-ARTOIS-CAMBRESIS AU MOYEN-AGE D'APRES ALAIN DERVILLE.
 HISTOIRE N° 11 1996.

-    VOCABULAIRE DE L'ARCHITECTURE.
INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS HISTORIQUES ET DES RICHESSES  ARTISTIQUES DE LA FRANCE.
PARIS IMPRIMERIE NATIONALE 1972.

-   CHEVALIER DE BEAULIEU : LE DONJON.  COMTE D'ARTOIS 1667.

 

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