Cette petite église, fut construite dans le style
gothique de la dernière époque : colonnes et chapteaux octogones, chur voûté
d'ogives sur nervures.
Sur une église du 13e siècle, construction d' une nouvelle église au 16e siècle : le
chœur date de 1540-1550, exemple de l' art flamboyant en Artois. La flèche en pierre est du 18e siècle. Au 19e siècle, des travaux de réfection sont entrepris et les vitraux sont refaits (ceux du 16e siècle ont été démolis pendant la Révolution). La flèche a été refaite à l' identique en 1991
Le caveau seigneurial de la famille de Maulde se trouvait avant la Révolution à
l'intérieur de l'Eglise Saint-Martin. Son emplacement était à l'entrée du chur
dans la nef. En 1789, les révolutionnaires s'emparèrent des cercueils qu'ils ouvrirent
et saccagèrent.
Pierre de Courteville fut le fondateur de cette église qui vit le jour en 1523.
Cardevacque nous donne plus de renseignements. A l'intérieur du bâtiment se trouvent les
marques de la possession seigneuriale ( armoiries, vitraux des fenêtres du chur ),
ce qui rappelle la mainmise des différents seigneurs de ce lieu : " la chapelle de
Saint-Martin renfermait une pierre sur laquelle était représenté en relief un seigneur
de Courteville ". Le paysan se trouvant dans l'édifice ne peut échapper à
l'emprise psychologique qu'exerce sur lui indirectement son maître, ce par l'image. Dans
ce sens, les vitraux relèvent d'une importance capitale. A une époque où le paysan ne
comprenait pas l'écriture, les dessins ornant ces vitraux témoignaient de la volontés
des puissants d'honorer leur prestige. Nous pouvons grâce à l'imagination les contempler
: à la verrière du chur, une inscription apparaît : " A l'honneur de Dieu et
décoration de ce cur lequel a fait faire noble et puissant Sr Philippe de Corteville Sr de la Buissière des Pleurelles et des trois Markez escuyer tranchant de
l'empereur Charles V de ce nom et Mad Marie de Noyelles sa feme ont donné ceste voierie
en l'an mil Ve et quarante ".
Sur un autre vitrail, on retrouve deux personnages ' l'un en costume de chevalier avec
l'écu de Barbançon d'argent à trois lions de que les armés et lampassés d'or, à la
bordure engrelée d'azur; l'autre, en costume de femme de l'époque avec des armes parties
du précédent et d'argent à la croix ancrée d'azur ".
Un peu plus loin, on trouve dans la petite chapelle du chur " sur une pierre
blanche représentnat un chevalier agenouillé revêtu de sa cotte d'armes et accompagné
de deux écussons armoriés ".
D'un point de vue architectural " l'église présente tous les caractères du
style ogivique tertiaire par des fenêtres à ogive coupées par un meneau formant deux
arcades ". Paul Van Wymeersch expose son point de vue sur la question : "
l'église est de style gothique pour son ensemble et gothique flamboyant pour la voûte du
chur. Elle se compose
d'un chur au nord de la tour, d'une nef et de
deux collatéraux ".
Les fonts baptismaux datent de 1627 : sur les bas-relief, on retrouve les sculptures de
deux anges dont les ailes sont déployées " tenant d'une main une palme et soutenant
de l'autre un écusson représentant les armoiries de la famille de Maulde ". Paul
Van Wymeersch nous rappelle que nous devons " ce chef d'uvre à Guio, piqueur
de grès, très renommé dans le pays et dont la famille a ses racines à La Buissière
".
" La cuve, en grès du pays, ne mesure pas moins de 2m80 de circonférences
et est richement décorée de figurines et de reliefs. Sur le devant, deux anges aux ailes
déployées tiennent le blason des comtes de Maulde avec gravé au dessus la date de 1627.
Cette cuve est supportée, au centre, par une colonne sculptée et par trois personnages
de 0m65 de haut figurant les trois vertus théologales : la Foi qui tient en main une
crois, l'Espérance qui tient dans la main gauche une ancre et, dans la droite, un livre
ouvert sur lequel la date de 1627 a été répétée, la Charité qui porte un petit
enfant du bras gauche, et dont la main droite est posée gracieusement sur la tête d'un
autre enfant. Le tout repose sur un socle également en grès et mesure 1m15 de haut
". Nous avons qu'à cette époque de grande pitié, le baptême solennel était une
étape très importante dans la vie du chrétien. L'emprise seigneuriale s'exerce là
encore de manière efficace sur les esprits des parents qui confies en quelque sorte leur
enfant à Dieu
et aux seigneurs de La Buissière.
Nous ne pouvons oublier la symbolique des armes de Philippe de Courteville et de la
famille de Noyelles qui se trouvent encore sur un pilier en entrant dans l'église.
L'Eglise elle-même est un bâtiment construit sous les ordres du
seigneurs.
A léglise, il a son banc et droit de sépulture dans le chur. Les
seigneurs de La Buissière sont tous enterrés.
Souvent, ayant fondé léglise, il en est le patron, choisit le curé semble
avoir une emprise réelle sur lui notamment lorsquil sagit de respecter son
bon vouloir " Monsieur le curé de La Buissière est prié de dire une messe de
requiem, il est trop honnete pour oublier de faire louer ce matin et a midi
" (10J41)
A l'intérieur même de l'édifice religieux, les seigneurs de La Buissière sont
omniprésents par les traces visuelles qu'ils ont décidé d'entretenir. Ils passent de ce
fait à la postérité et exerce une emprise sur la conscience villageoise. Sur les fonts
baptimaux de grès qui consistent en une cuve décorées " supportée par une
colonnette centrale et par trois statuettes figurant les vertus théologales, la foi,
l'Espérance et la charité ", on trouve la marque seigneuriale dans les armes de
jacques de Maulde. Même chose pour la seconde colonne de grès située à gauche de la
nef principale, où un écusson représente les armes de Courteville.
Inscription aux Monuments Historiques par arrêté du 21 juillet 2000
Objets mobiliers protégés : fonts baptismaux de 1627, cloche de 1721