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L'Eglise St Eloi et St-Martin  de La Buissière.

Décembre 2009 :Réouverture de l'église St Eloi et St Martin
Neuf ans que l'église St Martin de Labuissière est restée fermée, neuf longues années durant lesquelles les offices se sont déroulées dans l'église St Martin de Bruay-La-Buissière ! Avec cela, cinq ans de travaux qui viennent de se terminer et qui vont permettre de procéder à la réouverture officielle de l'édifice le dimanche 6 décembre.
L'église St Eloi et St Martin a une capacité d'accueil de 300 personnes. Elle est accessible aux personnes handicapées. La surface de la nef est de 243 m², celle du chœur est de 79 m² et celle de la sacristie 18m². Si son activité principale est le culte, le cadre si particulier de cette église en fait un lieu d'accueil prestigieux pour des expositions temporaires, des spectacles théâtraux, des concerts et des chorales.
Les travaux ont également permis de mener une réflexion sur le nom de l'église. La confusion pouvait se faire avec l'église St Martin de Bruay-La-Buissière. Ne pouvant changer de nom, il a été décidé d'en ajouter un, en accord avec l'évêché. La Confrérie des Charitables de Labuissière étant placée sous la protection de St Eloi, c'est donc lui qui a été choisi. L'église de Labuissière s'appelle donc désormais l'église St Eloi et St Martin.

Cette petite église,   fut construite dans le style gothique de la dernière époque : colonnes et chapteaux octogones, chœur voûté d'ogives sur nervures.

Sur une église du 13e siècle, construction d' une nouvelle église au 16e siècle : le chœur date de 1540-1550, exemple de l' art flamboyant en Artois. La flèche en pierre est du 18e siècle. Au 19e siècle, des travaux de réfection sont entrepris et les vitraux sont refaits (ceux du 16e siècle ont été démolis pendant la Révolution). La flèche a été refaite à l' identique en 1991

 

Le caveau seigneurial de la famille de Maulde se trouvait avant la Révolution à l'intérieur de l'Eglise Saint-Martin. Son emplacement était à l'entrée du chœur dans la nef. En 1789, les révolutionnaires s'emparèrent des cercueils qu'ils ouvrirent et saccagèrent.

Pierre de Courteville fut le fondateur de cette église qui vit le jour en 1523. Cardevacque nous donne plus de renseignements. A l'intérieur du bâtiment se trouvent les marques de la possession seigneuriale ( armoiries, vitraux des fenêtres du chœur ), ce qui rappelle la mainmise des différents seigneurs de ce lieu : " la chapelle de Saint-Martin renfermait une pierre sur laquelle était représenté en relief un seigneur de Courteville ". Le paysan se trouvant dans l'édifice ne peut échapper à l'emprise psychologique qu'exerce sur lui indirectement son maître, ce par l'image. Dans ce sens, les vitraux relèvent d'une importance capitale. A une époque où le paysan ne comprenait pas l'écriture, les dessins ornant ces vitraux témoignaient de la volontés des puissants d'honorer leur prestige. Nous pouvons grâce à l'imagination les contempler : à la verrière du chœur, une inscription apparaît : " A l'honneur de Dieu et décoration de ce cœur lequel a fait faire noble et puissant Sr Philippe de Corteville Sr de la Buissière des Pleurelles et des trois Markez escuyer tranchant de l'empereur Charles V de ce nom et Mad Marie de Noyelles sa feme ont donné ceste voierie en l'an mil Ve et quarante ".

Sur un autre vitrail, on retrouve deux personnages ' l'un en costume de chevalier avec l'écu de Barbançon d'argent à trois lions de que les armés et lampassés d'or, à la bordure engrelée d'azur; l'autre, en costume de femme de l'époque avec des armes parties du précédent et d'argent à la croix ancrée d'azur ".

Un peu plus loin, on trouve dans la petite chapelle du chœur " sur une pierre blanche représentnat un chevalier agenouillé revêtu de sa cotte d'armes et accompagné de deux écussons armoriés ".

D'un point de vue architectural " l'église présente tous les caractères du style ogivique tertiaire par des fenêtres à ogive coupées par un meneau formant deux arcades ". Paul Van Wymeersch expose son point de vue sur la question : " l'église est de style gothique pour son ensemble et gothique flamboyant pour la voûte du chœur. Elle se compose … d'un chœur au nord de la tour, d'une nef et de deux collatéraux ".

              

Les fonts baptismaux datent de 1627 : sur les bas-relief, on retrouve les sculptures de deux anges dont les ailes sont déployées " tenant d'une main une palme et soutenant de l'autre un écusson représentant les armoiries de la famille de Maulde ". Paul Van Wymeersch nous rappelle que nous devons " ce chef d'œuvre à Guio, piqueur de grès, très renommé dans le pays et dont la famille a ses racines à La Buissière ".

 " La cuve, en grès du pays, ne mesure pas moins de 2m80 de circonférences et est richement décorée de figurines et de reliefs. Sur le devant, deux anges aux ailes déployées tiennent le blason des comtes de Maulde avec gravé au dessus la date de 1627. Cette cuve est supportée, au centre, par une colonne sculptée et par trois personnages de 0m65 de haut figurant les trois vertus théologales : la Foi qui tient en main une crois, l'Espérance qui tient dans la main gauche une ancre et, dans la droite, un livre ouvert sur lequel la date de 1627 a été répétée, la Charité qui porte un petit enfant du bras gauche, et dont la main droite est posée gracieusement sur la tête d'un autre enfant. Le tout repose sur un socle également en grès et mesure 1m15 de haut ". Nous avons qu'à cette époque de grande pitié, le baptême solennel était une étape très importante dans la vie du chrétien. L'emprise seigneuriale s'exerce là encore de manière efficace sur les esprits des parents qui confies en quelque sorte leur enfant à Dieu … et aux seigneurs de La Buissière.

Nous ne pouvons oublier la symbolique des armes de Philippe de Courteville et de la famille de Noyelles qui se trouvent encore sur un pilier en entrant dans l'église.

 L'Eglise elle-même est un bâtiment construit sous les ordres du seigneurs.Eglise de Labuissière : fonts baptismaux de 1627 classés

A l’église, il a son banc et droit de sépulture dans le chœur. Les seigneurs de La Buissière sont tous enterrés.

Souvent, ayant fondé l’église, il en est le patron, choisit le curé semble avoir une emprise réelle sur lui notamment lorsqu’il s’agit de respecter son bon vouloir " Monsieur le curé de La Buissière est prié de dire une messe de requiem, il est trop honnete pour oublier de faire louer ce matin et a midi … " (10J41)

A l'intérieur même de l'édifice religieux, les seigneurs de La Buissière sont omniprésents par les traces visuelles qu'ils ont décidé d'entretenir. Ils passent de ce fait à la postérité et exerce une emprise sur la conscience villageoise. Sur les fonts baptimaux de grès qui consistent en une cuve décorées " supportée par une colonnette centrale et par trois statuettes figurant les vertus théologales, la foi, l'Espérance et la charité ", on trouve la marque seigneuriale dans les armes de jacques de Maulde. Même chose pour la seconde colonne de grès située à gauche de la nef principale, où un écusson représente les armes de Courteville.

Inscription aux Monuments Historiques par arrêté du 21 juillet 2000
Objets mobiliers protégés : fonts baptismaux de 1627, cloche de 1721

 

Réouverture de l'église "St Eloi et St Martin" le 6 décembre 2009

 

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