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 Les Charitables LES CHARITABLES DE LABUISSIERE

 

En l’an 1188, sous le règne de PHILIPPE-AUGUSTE, une épidémie désastreuse ravageait notre région. C’est alors que deux maréchaux-ferrants, GERMON de Beuvry et GAUTHIER de Béthune virent en songe St. ELOI qui leur commanda de se rendre à QUINTY où ils se rencontrèrent et leur demanda d’ensevelir et d’enterrer les morts conta­gieux et qu’ils seraient préservés de la maladie.

Telle est l’origine des Confréries-Mères de BETHUNE et de BEUVRY quoique reconnue seulement en 1648, suivant l’extrait de la Charte ci-dessous, la Confrérie des Charitables de LABUISSIERE a des origines bien plus lointaines. Dans le peu d’archives qui nous reste, il est dit que des  " KARITAULES" de LABUISSIERE répondirent à l’appel de leurs confrères de BETHUNE pour leur porter aide au cours d’une autre épidémie en 1322.

Voici l’extrait de ta charte  reconnaissant la   confrérie et la liste des Charitables intronisés à ‘cette occasion.

" Les vicaires généraux du siège épiscopal d’Arras vacant, à tous ceux que les présentes lettres verront salut et savoir, faisons que de la part des pasteurs, seigneur et habitants du village de La Buissière lez Béthune, nous aurait  exposé qu’en les dernières années aient affligés de contagion, plusieurs personnes en auraient décédées sans toutefois que les corps auraient pu être mis en terre sainte qu’avec très grande incommodité, voire la plupart d’yceux presque abandonnés et insépulturès aux champs et jardins au grand ressenti­ment des remontrans. Pour à quoi tâcher d’y remédier et d’ichi en après être préservés de ladite contagion, reconnaissans en leur voisinage y avoir plusieurs belles confréries et en ycelles, person­nes députées aux inhumations des corps morts appelées Charitables, approuvées par les évêques de ce diocèse, excitées de dévotions envers Saint Eloy, nous ont supplié de leur permettre et autoriser l’érection d’une Confrérie sous son Invocation."

Par les présentes lettres permettons et autorisons l’érection d’icelle confrérie de Saint-Eloy audit lieu en laquelle il y aura prévost, mayeurs et charitables qui seront destinés pour porter les corps morts des personnes y enregistrées et afin que de jour en jour elle puisse croître et multiplier.

Donné en la Cité d’Arras, le dernier de janvier mil six cent quarante huit.

D’ordonnance de Messieurs les Grands Vicaires.

Signé   CORNAILLE, Secrétaire.

  Maitre Eloy de St. Léger, prêtre et pasteur dudit LA BUISSIERE intronisa à cette date les premiers Charitables     dont les noms suivent :

      Pierre SENECHAL          Prévôt            Jean DOUEZ      Charitable
    Eustache LEFEBVRE     1er mayeur        Philippe BACHELEZ      Charitable
    Charles de PEUTY           mayeur        Jacques ROCOURT      Charitable
    Pasquier MARIANNE     Charitable        François HAUTEFEUILLE     Charitable
    Jude de le DICO              Charitable

  RENOUVELLEMENT ET CHOIX DES CONFRÈRES

Après la nomination des premiers charitables en 1648, le renouvelle­ment s’opère suivant l’article second de la charte d’après le rituel ci-après

« Après cette dénomination première (1648) ainsi faite, les deux ans expirés les susdits prévost mayeurs et charitables choisiront par ensemble et dénommeront d’entre les confrères, un mayeur et trois autres charitables qui se renouvelleront dès lors en avant tous les ans au jour de St. Eloy d’été, vingt cinquième de juin après la messe achevée  que alors ils s’assem­bleront en la chapelle dudit St. Eloy et après avoir fait leurs prières et invoqué la grâce du St. Esprit, ils feront leur élection d’un mayeur et trois charitables à l’intervention du pasteur, comme enfin ils en seront de même lorsqu’ils auront quelque affaire à traiter concernant l’entretiennement de la dite confrérie et pour à l’égard du prévost sera continué quatre ans pour cette fois ; lesquels quatre ans expirés, ledit prévost se renouvellera dès lors à toujours tous les deux ans au même jour de St. Eloy en été et après l’élection faite les prévost, mayeurs et charitables presteront le ser­ment en ladite chapelle savoir le prévost et mayeurs entre les mains du pasteur dudit BUISSIERE et les charitables entre les mains du prévost de garder toutes les constitutions de ladite confrérie et seront lesdits charitables tenus d’obéir aux dits prévost et mayeurs en ce qui touchera ladite Con­frérie ».

Pour le choix des confrères, il est dit dans l’article troisième de la charte

« Ne pourront être ni admis pour prévost mayeurs, charitables ni confrères, aucune  personne notée  de vie scandaleuse  mais si étant déjà choisis ils tombaient en scandale et que dûment admonestés ils ne vou­draient s’amender, ils seront déclarés indignes de ladite confrérie et comme tels ils seront déboutés et effacés du Livre et Registre ».

Ses deux ans accomplis, un charitable restant à la disposition des prévost et mayeurs en exercice est déclaré mayeur ou confrère « parfait ».

Revenant à l’esprit de la charte et pour le bien de la Confrérie, le conseil des prévosts réunis en assemblée le douze avril mil neuf cent soixante douze a arrêté les dispositions suivantes pour la nomination des prévosts, mayeurs et confrères

« Par suite de la défection des mayeurs en titre, qui, soit se con­sidèrent trop jeunes ou trop âgés, soit n’ayant pas le temps matériel de remplir leur rôle ou craignant de le mal remplir, soit attendant l’âge de la retraite et demandant un report, il se trouve et il pourra encore se trouver dans les années à venir, qu’aucun mayeur ne sera susceptible d’accéder à son temps, à la prévôté.

En tout état de cause et vu les circonstances, le conseil des prévôts décide à l’unanimité

·        que tout confrère ayant accompli un parfait de deux ans en tant que tel sera considéré comme mayeur suppléant et pourra de ce fait être nommé prévost. Toute candidature à ce poste, suivant les termes de la charte, sera soumise à la décision du conseil des prévôts et des confrères en exercice qui statueront.

Un confrère plus âgé qui en exprimera le désir pourra être nommé mayeur avant son temps et le prévost en exercice sera seul juge en cette occasion.

Le choix des confrères devra continuer à se faire parmi toutes les couches sociales de la population à condition de bien veiller à l’honorabilité des candidats et à leur esprit d’union et de charité.

RITES ET TRADITIONS

RENOUVELLEMENT

Pour le renouvellement, la tradition veut que le prévôt en exercice ou le nouveau prévôt désigné aille par le village recruter ses confrères et mayeurs à qui il remet soit i petit pain pour les confrères et deux pour les mayeurs, le nouveau prévôt en recevant trois.

La fonction des nouveaux confrères commence après le 25 juin, date de la St. Eloy en été.

Les petits pains bénis peuvent être indéfiniment conservés. Ainsi le 25 Novembre 1969, le père d’un de nos confrères parfaits en exercice, Henri DAUTRICHE, fut mis en terre avec le petit pain resté intact qui lui avait été remis lors de son entrée en confrérie en 1945.

SALUT

Les CHARITABLES ont une façon bien particulière de saluer. C’est le « pas du cheval de St. Eloy » En effet le Grand St. Eloy, évangélisateur de notre région saluait de loin tous les sanctuaires sur son cheval qui saluait lui-même en~baissànjla tête et en grattant le sol de son sabot. C’est pourquoi les confrères passant devant un sanctuaire ou devant la statue de St. Eloy se penchent en  avant en frottant le pied sur la dalle.

Tout prévôt, mayeur ou charitable oubliant de saluer St. Eloy quelles que soient les cirConstances est automatiquement « taillé », c’est à dire qu’il paye une amende à notre Cher et Bien Aimé.

RESSOURCES ET TOUR ANNUEL

Aucune obligation n’est imposée aux « deuillants » ou familles en deuil qui ont recours aux services de la Confrérie qui est restée dans la plus pure des traditions

·        Exactitude - par respect pour le défunt et les « deuillants »

·        Union - derrière les prévôts et mayeurs sans faillir à leurs devoirs

·        Charité - services entièrement gracieux.

Au début de chaque année les prévôts, mayeurs et confrères se distribuaient le village pour offrir aux familles des petits plombs moyennant six liards pièce. Suivant leur considération pour la Confrérie cas familles prenaient autant de plomb qu’elles désiraient. De nos jours la distribution des petits plombs a disparu mais les confrères passent toujours dans chaque foyer recevoir une obole libre et anonyme.

LE BÂTON

Le bâton symbolique de bois blanc couronné de buis et de thym était porté par les confrères lors des épidémies. Le thym par ses propriétés les protégeait de la contagion et au retour d’une mise an bière d’un pestiféré ou malade contagieux les confrères prévenaient les habitants de leur approche an brandissant leur bâton.

OBLIGATIONS

Tout charitable doit se conformer aux articles de la charte

·        remplir ses devoirs avec exactitude

·        se conduire avec toute la décence possible

·        porter respect et obéissance à ses supérieurs.

Toute dérogation à ces principes est punie de la taille à la radiation.

Quand un confrère adresse la parole à un membre quelconque de la confrérie il doit se servir des dénominations : doyen, prévôt, mayeur, cher et bien aimé ou chéri, et confrère suivant la cas, sous peine d’être « taillé ».

Est "taillé" également tout mayeur et confrère qui au cours d’un repas an commun commence à boira ou manger avant le prévôt an exercice.

DEPLACEMENT

La Confrérie ne se déplace jamais en habit en dehors de LABUISSIERE, sauf autorisation du Conseil des Prévôts, pour des cérémonies comme:

·        Mariage d’un confrère ou d’un membre de sa famille

·        Obsèques des père, mère ou proche d’un confrère

·        Remise de décorations

·        Fêtes ou anniversaire des Confréries-soeurs.

La première sortie de la Confrérie en habit se fit le 21 Juillet 1956, pour le mariage de son CHER et BIEN-AIME, Jean DUPLOUICH -

Les prévôts et mayeurs font tels règlements de discipline qu’ils juge convenables au bien du service, au maintien du bon ordre et à l’avantage de la Confrérie. Néanmoins les dits règlements ne sont exécutoires qu’après avoir reçu l’approbation du conseil des prévôts

PROCESSION AUX NAVIAUX

Cette procession est celle de la St. MATHIEU à QUINTY, où les Confrères de Béthune et de Beuvry se rencontraient chaque année. Avant l’office religieux, ils se réunissaient derrière la chapelle, s’offraient et croquaient fraternellement les prémices de la saison d’automne   des navets qui en patois se disaient et se disent toujours’ des naviaux.

Cette collation si simple fut convertie en un « proficiat » ordinaire pour être remplacée en 1851 par un échange de jambon offert à Pâques par confrérie de Béthune et à la St. Mathieu par celle de Beuvry.

Cette procession était suivie par un repas en commun offert le Chéri avec le fruit de la taille de l’année.

Aujourd’hui cette procession rassemble toutes les confréries de région ·et est suivie du repas en commun où par tradition il est servi plat de « naviaux ».

TRANSFERT DE CORPS

A l’origine tout corps entrant ou sortant du territoire était pris en charge par les Charitables à la limite de la commune.

Afin d’éviter les transbordements toujours pénibles pour les familles en deuil, le conseil des prévôts réuni en janvier 1972 a pris les décisions suivantes et exécutoires immédiatement

·        Admettons l’entrée de fourgons funéraires jusque l’église ou le cimetière encadrés de Charitables depuis les limites communales. De même en cas de sortie, les Charitables accompagneront les corps.

·        Tolérons la présence d’un fourgon entre l’église ou la maison mortuaire et le cimetière seulement devant ou derrière le cortège. En aucun cas le fourgon même chargé de fleurs ne pourra s’in­tercaler dans ledit cortège.

Décisions approuvées et signées du Conseil des Prévôts.

LES HONNEURS DU PORTE

Le porté est dû :

·        à Monsieur l’Aumônier de la Confrérie

·        à Monsieur le Vénérable Doyen et à Madame son épouse

·        aux Anciens prévôts et à leurs épouses

·        aux mayeurs et confrérés anciens ou en exercice et à leurs épouses

·        aux pères, mères, enfants des prévôts, mayeurs et charitables et à toute personne vivant sous leur toit.

 

CÉRÉMONIAL

« Pour tous les enterrements, tous les rites doivent être observés sans distinction d’opinion ou de religion ».

LEVÉE DE CORPS

A la porte de la maison mortuaire ou de la chapelle ardente les confrères se découvrent et font la haie aux prévôt et mayeur qui seuls entrent dans la maison.

Seul le prévôt salue ou bénit le corps ne tendant que l’eau bénite au mayeur qui fait le signe de croix.

Il prononce alors les paroles rituelles:

·        pour un enterrement religieux : « Au nom de la Sainte Vierge Marie et du grand St. Eloi notre patron, je prie mes Confrères Charitables de m’aider à porter ce corps en terre sainte ».

Il prend ensuite la croix, la baise en disant : « Requiescat in pace » et la passe au mayeur qui répond « Amen ». Le mayeur la baise à son tour en disant « Requiescat in pace » et la passe au 1er confrère qui répond « Amen » et ainsi de suite jusqu’au confrère servant.

·        Pour les enterrements civils, le prévôt prononce les paroles sui­vantes : « Je prie mes Confrères Charitables de m’aider à porter ce corps à sa dernière demeure ».

Puis le prévôt prend la bière du côté de la tète et le mayeur du côté des pieds. Ils la sortent de la maison et la remettent aux confrères.

LE PORTE

Les confrères portent à la main sur des bâtons.

Ceux non occupés à porter se placent quatre par quatre der­rière le corps modestement et en silence.

La relève se fait au son de cloche du Confrère servant. Les por­teurs arrêtent et les remplaçants s’avancent pour prendre le relais; Les relevés se découvrent répondent « Grâce », laissent passer le corps et reprennent place dans le rang ainsi de suite jusque l’église ou le cimetière.

A I’Église

Après avoir déposé le corps sur les tréteaux, les prévôts, mayeurs et confrères l’un derrière l’autre défilent en saluant le corps et vont prendre place dans leurs bancs.

Le Confrère-Servant dispose les cierges, salue également et ren­tre dans le rang.

La cérémonie de l’offrande,  où les Charitables passent les  premiers suivis de la famille, est dirigée par le Confrère-Servant.

Après le « Libera », les Confrères s’avancent et recommencent cérémonial de la croix avant de sortir le corps de l’église.

Au cimetière

Les Confrères disposent le corps au dessus de la tombe et -surent de la solidité des cordes.

Ils se découvrent alors et attendent les éloges et oraisons funèbres.

Ils se recoiffent et descendent lentement le corps puis ôtant chapeau, ensemble ils prononcent « Grâce » et ils s’éloignent.

Ils laissent la famille  prendre  place pour les condoléances, alignés la saluent sans serrer les mains.

 Les Charitables de LaBuissière 1928-29  

Source : Plaquette CONFRÉRIE des CHARITABLES DE St ÉLOI   LABUISSIERE

 

 

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