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Un terrain d'aviation militaire à Bruay de 1914 à 1918.

     Qui peut deviner en passant sous le porche d'entrée du Stade Parc municipal qu'il se trouve pratiquement à l'emplacement d'un terrain d'aviation militaire qui a eu une activité intense de 1914 à 1918?

     En 1913, se déroule à Bruay une première fête de l'aviation. Cette fête est décidée le 12 Août par le Conseil Municipal qui fait niveler le terrain à l'angle des rues d'Houdain (Roger Salengro ) et d'Hulluch (Caron). Ce terrain s'étend aux limites d'Houdain et du Bois Carré. La route d'Houdain comporte peu de maisons sauf quelques fermes. La Cité des aviateurs n'est pas encore construite. La commune de Bruay s'arrête pratiquement à la ligne de chemin de fer Bruay Saint Pol au lieu-dit la halte des Alouettes. Le meeting d'aviation qui a lieu le 14 septembre 1913 va attirer plus de 40000 personnes. Des trains spéciaux sont organisés, venant de toute la région, par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. Pendant les quelques années qui ont précédé la Grande Guerre, l'aviation qui n'en est qu'à ses débuts, suscite un véritable engouement de la part des français. Il n'est pas rare de voir dans les villes des souscriptions populaires pour acheter à l'armée des avions. L'Etat-major français lui ne croit guère à l'utilisation de l'aviation. A Bruay la foule enthousiaste va voir évoluer des "coucous" de bois et de toile pilotés par quelques aviateurs dont le plus célèbre est Védrines qui avait triomphé en 1911 dans la course Paris Madrid. Védrines deviendra durant la guerre 1914- 1918 un " As ".

Dès Octobre 1914, ce terrain d'aviation bien sommaire va accueillir quelques aéroplanes français. C'est en mars 1916 qu'une première escadrille anglaise va stationner sur ce terrain bruaysien (troisième squadron). Des travaux vont être entrepris par le Royal Flying Corps (ancêtre de la Royal air Force). Des bâtiments légers, des hangars vont être édifiés et les squadrons anglais vont s'y succéder sans arrêt jusqu'en 1918. C'est le 16 ème squadron ( dont nous aurons l'occasion de reparler) qui va y séjourner le plus longtemps jusqu'en Mai 1917. lin cette année 1917 le 16 ème squadron est attaché à la 1 ère Armée Canadienne qui prépare son attaque de la crête de Vimy en Avril 1917. Les aviateurs de ce 16 ème squadron vont effectuer de Janvier à Avril 1917 des dizaines de vols d'observation pour photographier les défenses allemandes de la plaine de Lens et de Vimy. Ils vont payer très cher ces missions dangereuses se faisant sur des appareils lents et mal armés.

L'aérodrome est bombardé plusieurs fois en 1918 par des avions allemands et même par des canons situés non loin de Béthune lors de la dernière grande offensive allemande.

La dernière escadrille britannique ( 8 ème squadron) quittera le terrain de Bruay le 5 Août 1918. Novembre 1918, la Grande Guerre est terminée et le terrain redevient un lieu d 'élevage et de culture. Quelques années plus tard le Conseil Municipal entame des procédures d'expropriation pour implanter à cet endroit de qui deviendra le Stade-Parc actuel. Les travaux ont commencé le 8 Mars 1932 avec l'aide de chantiers communaux qui utilisent des chômeurs!

Le Stade-Parc sera inauguré en 1934

 

Michel Wallart,

Cercle Historique du Bruaysis

Sources:

Archives de la Royal Air Force

Bulletin municipal

Bruay et sa région par Charles Toursel

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 Deux tombes parmi d'autres au cimetière britannique de Bruay.

17 mars 1917. Ce jour-là le ciel de printemps est devenu un peu plus clément au-dessus des collines d'Artois. Sur le terrain d'aviation situé à l'emplacement du Stade-Parc municipal de Bruay, les mécaniciens anglais du Royal Flying Corps s'affairent autour des aéroplanes militaires. Le 16 éme squadron ( escadrille y britannique qui a été affecté au Corps d'armée Canadien cantonne à Bruay depuis le 31 août 1916. Quelques hangars et quelques baraquements abritent les avions et les hommes. Les appareils BE2F et BE2G sont des biplaces relativement lents et mal armés servant uniquement à l'observation des lignes ennemies. L'équipage est composé d'un officier pilote et d'un observateur qui prend des photos.

Depuis le début de l'année 1917, le Corps d'armée Canadien dont l'Etat-Major se trouve au château de Ranchicourt prépare la reconquête de la crête de Vimy où ont échoué en partie lesbiplace.jpg (23537 octets) troupes françaises en 1915. Soucieux de ne pas renouveler les erreurs de leurs prédécesseurs et soucieux de ménager la vie de leurs hommes, les généraux canadiens préparent minutieusement cette attaque. Ils font creuser de multiples souterrains ( certains existent encore), ils font poser des dizaines de kilomètres de rails pour amener dans les meilleures conditions possibles les renforts en hommes, munitions, matériels ...

La 16 ème escadrille du Royal Flying Corps ( qui deviendra en 1918 la Royal Air Force) a pour tâche de photographier les positions ennemies et surtout leurs batteries d'artillerie afin de permettre aux artilleurs canadiens de les détruire juste avant l'attaque qui aura lieu au début d'avril 1917. Les pilotes anglais doivent faire face à l'opposition acharnée des aviateurs allemands mais aussi à de mauvaises conditions atmosphériques. Ce mois de mars 1917 frit d'ailleurs une période noire pour l'aviation britannique.

Ce 17 mars 1917, le sous-lieutenant Georges Mac Donald WATT et le sergent HOWLETT sont désignés pour une observation, parmi tant d'autres, de la crête de Vimy et des villages de Vimy et Thélus occupés par les Allemands. Le sous-lieutenant WATT a 27 ans, il est écossais, natif d'Edimburgh. Le sergent HOWLETT est lui âgé de 26 ans, natif de la région de Londres.

Les deux aviateurs s'habillent chaudement et vérifient leur mitrailleuse Lewis et leurs appareils de photos. Ils s'installent dans leur avion. Le pilote fait un signe aux mécaniciens qui lancent l'hélice pour faire démarrer le moteur. Le pilote pousse les gaz et l'appareil, en se dandinant, roule sur la piste herbeuse, décolle au dessus d'Houdain puis se dirige vers Lorette et Vimy.

Au même moment, à 50 km de Bruay, un aéroplane rouge décolle de l'aérodrome de Brebières, près de Douai ( actuellement emplacement de l'usine Renault). Cet avion est celui du "Baron Rouge " Manfred von Richthofen qui va devenir un des meilleurs chasseurs de la première guerre mondiale. Les avions de cette escadrille allemande s'efforcent de détruire les forces aériennes britanniques au-dessus des plaines de Lens et d'Aires. Le "Baron-Rouge " livre un premier combat et abat un avion anglais piloté par le lieutenant Boultbec, c'est sa trentième victoire dans les airs. Un peu plus loin, il aperçoit près de Vimy l'avion de Watt et Howlett. Ce n'est qu'un jeu pour Manfred Von Richthofen de descendre le BE2G lent et mal armé. L'avion s'écrase non loin de là dans les lignes canadiennes. C'est la trente et unième victoire du "Baron Rouge".

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Le " Baron rouge " Manfred Von Richthofen, l'as au 80 victoires...

Des soldats canadiens s'élancent rapidement pour dégager les deux aviateurs, mais il est trop tard. A cette époque, les parachutes étaient rares et même interdits. Les corps de Watt et Howlett sont ramenés à leur escadrille à Bruay et sont inhumés dans le cimetière où reposent déjà des militaires français, britanniques et candiens décédées dans les hôpitaux de Bruay.

Le "Baron Rouge" sera abattu le 21 avril 1918 près de Vaux sur Somme sans son célèbre triplan Fokker. La veille, il avait fêté sa 80 ème victoire en combat aérien.

La 16 ème escadrille quittera, le 25 mai 1917, le terrain de Bruay pour aller s'installer plus près du front à Camblain L'Abbé.

Biographie du "Baron rouge"à l'adresse : http://club.euronet.be/philippe.saintes/baron.htm

Michel Wallart,

Cercle Historique du Bruaysis

NB : Le 30 août 1998, des visiteurs anglais du cimetière anglais de Bruay ont écrit sur le registre: "sommes passés rapidement sur les tombes de WATT et HOWLETT abattus par Von Richthofen".

C'est à partir de cette citation et à l'aide de documents de la Royal Air Force, de l'armée Canadienne que nous avons pu reconstituer librement l'histoire de deux héros parmi tant d'autres.

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