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Notre Dame de Lorette

Notre Dame de Lorette photo©nordmag 2008

Notre-Dame-de-Lorette :Cimetière et mémorial français qui commémorent les violents combats de 1915. Cette colline dominant l’Artois, ( 165  m.) à quinze kilomètres d’Arras, fut un des champs de bataille les plus disputés entre octobre 1914 et septembre 1915. 
Une basilique a été construite, ainsi qu’une tour lanterne à la poignante crypte qui  renferme les corps de soldats inconnus des deux guerres mondiales et de celle d’Indochine, sept autres ossuaires sont répartis aux extrémités du vaste cimetière. 22970 corps de jeunes inconnus reposent parmi les croix de Lorette. Cet endroit s'étend sur plus de 13 ha et comporte 19 000 croix. La basilique (de 46 m. de long et 14 de large), et la tour lanterne ( ossuaire) furent érigées d'après les plans de Louis-Marie Cordonnier, architecte lillois ( de 1921 à 1931 ). Sur les murs de la basilique, on peut voir des milliers de plaques  en souvenir de ces sacrifices humains.  
La première pierre de la La TOUR LANTERNE a été posée par le maréchal Pétain le 19 juin 1921 

Vaste panorama sur le bassin minier vers le Nord ( Lens et les terrils jumeaux de Loos ), le Mémorial de Vimy plus à l'Est, le village d'Ablain St Nazaire au pied de la colline et on aperçoit les tours du Mt St Eloi et Arras vers le Sud

ND de Lorette panorama photo nordmag 2008
Panorama: le village d'Ablain Saint-Nazaire et son église en ruines, on aperçoit les tours du Mont St.Eloi à l'extrême droite...


Le MUSEE VIVANT 1914-1918 : Situé sur la colline de Notre Dame de Lorette, le musée présente plus de 2000 pièces de collection ainsi que des reconstitutions d'abris souterrains avec animation laser . 
Un diaporama comprenant plus de 150 vues stéréoscopiques d'époque complète cette exposition.

A l'extérieur : le champ de bataille : sur 3 ha, plus de 1000 de tranchées sur les emplacements d'origine avec canons, mitrailleuses, obus, barbé: tonnelles blindées... Panneaux explicatifs en français, anglais, allemand .

Cimetière National de Lorette Ablain-St-Nazaire 
Visite du musée et du champ :tous les jours de 9h00 à 20h00 du 01/02 au 15/12.
Hors-saison sur rendez-vous. Tél. : 03.21.45.15.80

 ci dessous quelques images août 2008...

Notre Dame de LORETTE  nordmag    Notre Dame de LORETTE ©nordmag
vues de l'intérieur de la Basilique



 

Un peu d'Histoire : le 9 mai 1915 : ATTAQUE SUR LA CRÊTE DE Notre Dame de LORETTE

La croupe de Notre-Dame-de-Lorette est une longue arête de terre qui s'étend d'ouest en est, du bois de Bouvigny au nord de Souchez, et s'avance en promontoire au-dessus de la plaine de Lens jusqu'aux abords même de la région houillère. Au sommet de sa partie orientale, près du point coté sur la carte 165, s'élevait, .avant la guerre, la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette, lieu de pèlerinages régionaux.
Tandis que les pentes nord du plateau sont relativement douces, celles du versant opposé sont très escarpées. Le massif détache successivement vers le sud est cinq contreforts abrupts et séparés par d'étroits ravins. Vu du bas-fond d'Ablain-Saint-Nazaire, ils présentent la forme de « côtes de melon » ; tel fut, du moins, le surnom que leur donnèrent les fantassins français. Ce sont, de l'ouest à l'est, l'Eperon Mathis, le Grand Éperon, l'Éperon des Arabes, l'Éperon de la BlancheVole et enfin l'Éperon de Souchez qui domine à pic la sortie est d'Ablain Saint-Nazaire et la sucrerie située sur la rouie de Souchez  
Dés le début de la guerre de tranchées, la 10, Armée française chercha à enlever cette position.
En décembre 1914 et janvier 1915, le 21e corps, commandé par le général Maistre, prit pied sur l'éperon Mathis Le 15 mars 1915, après une lutte des plus violentes, il s'empara de l'éperon suivant ou Grand Éperon défendu par trois lignes successives de tranchées et le conserva un dépit ce contre-attaques acharnées qui dégénérèrent en corps à corps furieux. Le mois suivant enfin, le troisième éperon (des Arabes) fut enlevé.
Après ces attaques préliminaires, se déclenche, le 9 mai, l'offensive d'Artois. Le corps du général Maistre reçoit la mission de chasser l'ennemi des deux derniers éperons du massif et d'enlever la crête supérieure portant prés de son rebord Est la chapelle de Lorette, dont les premières tranchées françaises sont encore distantes d'environ mille mètres.
L'organisation allemande est formidable. De l'éperon des Arabes à la route de Souchez à Aix-Noulette , qui court au bas des pentes nord-est de la colline, s'échelonnent cinq lignes de tranchées profondément creusées, renforcées six mois durant de sacs de terre et de sacs de ciment, couvertes par des réseaux doubles ou triples de fils de fer et de chevaux de frise. De cent mètres en cent mètres des barricades forment de puissants flanquements garnis de mitrailleuses. Plusieurs fortins et des ouvrages avancés servent de points d'appui aux défenses des tranchées. L'un d'eux, au nord-est de la chapelle, interdit l'accès de l'extrémité , du plateau; il comprend des fossés, des grilles, des casemates et des abris de dix mètres ou plus de profondeur.
Une division d'élite, composée en majeure partie de Badois, a ordre de garder, coûte que coûte Notre-Dame-de-Lorette, tandis qu'en arrière est dissimulée, dans l'énorme agglomération d'Angres et de Liévin une puissante artillerie, balayant d'un feu continu tout le flanc nord de la colline et le plateau lui-même .
La division du général Maistre, chargée de l'attaque, comprend trois régiments d'infanterie et trois bataillons de chasseurs.    Notre Dame de Lorette
Le 9 mai, à dix heures, les premières vagués d'assaut s'élancent. Deux heures après elles ont enlevé trois lignes de défense et sont parvenues au réduit de la position, devant le fortin de la chapelle, où, derrière un entassement de sacs à terre et d'épais blindages, les mitrailleurs allemands tirent sans discontinuer. L'attaque se brise contre cet ouvrage formidable. Les unités subissent des pertes graves ; certaines compagnies ne sont bientôt plus commandées que par des sergents. La progression s'exécute par bonds d'un trou d'obus à un autre. D'énormes réseaux de chevaux de frise, qui précédent dans un repli du terrain le fortin, sont restés à peu près intacts. Les-chasseurs cependant ne reculent pas. Décimés, ils s'accrochent au sol tandis que les fantassins les rejoignent. On se bat à coups de grenade, de baïonnette, même à coups de couteau, tandis que les mitrailleuses allemandes ne cessent de tirer.
La nuit tombe, dit le récit officiel, éclairée par les obus et les fusées, déchirée par les cris des blessés, le fracas des explosions, le claquement des balles. Chasseurs et fantassins s'installent comme ils peuvent sur le terrain. Devant. un énorme entonnoir de mine de 80 mètres de tour, ils poussent au fond les cadavres allemands et s'organisent sur les bords, derrière des parapets improvisés.
Du 10 au 72 mai, la situation reste la même. Les Français conservent tous leurs, gains,. les étendent même légèrement, tandis que les mitrailleuses allemandes tirent. sans répit.
" Il fait chaud et l'odeur est atroce. Tous les morts des mois précédents, enterrés à fleur de terre, ont été projetés par les obus hors de leurs tombes. Le plateau est un charnier... "
Enfin, le 12 mai, à la nuit, les chasseurs bondissent, en se courbant, hors de leurs retranchements, puis se jetant à plat ventre, rampent jusqu'au fortin. Là, sous les mitrailleuses-qui tirent à 75 centimètres au-dessus. d'eux, ils arrachent des sacs de terre et, les appliquant sur les créneaux, ralentissent le tir ennemi. Les unités sui vantes, profitant de cette accalmie, accourent et le flot passe par-dessus le parapet.
A l'intérieur du fortin, dans la nuit épaisse, un corps à corps forcené s'engage. Les Allemands n'en peuvent plus. La chapelle effondrée est dépassée. Autour, c'est un inextricable enchevêtrement de souterrains, d'entonnoirs, de trous d'obus bourrés de cadavres et de matériel.
Devenus ainsi maîtres de la crête du plateau de Lorette les Français ne tiennent cependant pas encore le massif en son entier. Les Allemands résistent. toujours sur les deux éperons de la Blanche-Voie et de Souchez. Là pluie et les nombreuses sources prenant naissance sur la hauteur ont transformé ce terrain argileux en une boue glissante où la progression est particulièrement malaisée. Pourtant l'éperon de Souchez est peu- à peu conquis les jours suivants jusqu'au point où il domine à pic la sucrerie de Souchez. Par contre, des feux terribles de mitrailleuses brisent toutes les attaques contre là Blanche-Voie. Jusqu'au 20 mai, la ligne française décrira un vaste demi-cercle depuis l'ouest , d'Ablain-Saint-Nazaire jusqu'aux flancs de l'éperon Est, en contournant l'autre contrefort. Huit jours durant, tapis dans leurs retranchements de la Blanche-Voie et dans les maisons.- qu'ils tiennent encore: au nord et à l'est d'Ablain, les Allemands mitrailleront sans arrêt les lignes françaises tandis que les batteries d'Angres et de Liévin dirigeront tous leurs feux sur le haut du plateau.
Le 22 mai enfin après deux journées de furieux combats, les tranchées de la Blanche-Voie sont emportées et tout le massif de Notre Dame-de-Lorette sauf le bas des pentes de l'éperon de Souchez, est occupé .
La lutte a duré treize jours. De part et d'autre, les pertes ont été très élevées. Sur le terrain même, 3.000 cadavres allemands ont été dénombrés.
A la daté du 11 juillet 1915, le général d'Urbal commandant la 10ème Armée, cita en ces termes d l'ordre de l'Armée le 21e corps, ainsi que les 43e et 53e, divisions : " Sous le commandement du général Maistre, ont fait preuve, au cours d'attaques renouvelées, pendant plusieurs semaines consécutives et sous un bombardement intense et continu, de jour et de nuit, de l'artillerie ennemie, d'une ténacité et d'un dévouement au dessus de tout éloge ".

- 10 - 12 mai 1915 :ATTAQUE SUR LA CRÊTE DE N.D. DE LORETTE. La chapelle est prise.
- 18 - 20 mai 1915 : ATTAQUE SUR LA CRÊTE DE N.D. DE LORETTE. Les Français sont maîtres de la crête.
- 22 mai 1915 : ATTAQUE SUR LA CRÊTE DE N.D.DE LORETTE. Tout 1e massif de Lorette est pris.

Ci-dessous : la chapelle de Notre Dame de Lorette avant les combats en 1914, puis en 1919
ND de Lorette en 1914 avant la guerre     La chapelle en 1919 après les combats...


Orchestre National de Lille à Lorette Juin 2004  ND de Lorette juin 2004

Dans le cadre de LILLE 2004:

Vendredi 25 juin 2004 en soirée, sur le site de Notre Dame de Lorette, l’Orchestre national de Lille, dirigé par Jean-Claude  Casadesus, a interprété la IXème Symphonie de Beethoven devant près de 3500 personnes, afin de rendre hommage, aux Combattants de la Première Guerre Mondiale et célébrer l'Union Européenne.
Cent mille soldats français ont trouvé la mort entre septembre 1914 et octobre 1915 pour s'emparer de la colline de Lorette, l'Association du monument de Notre Dame de Lorette et de la garde d'honneur de l'ossuaire, composée de 3 700 membres bénévoles,  perpétue leur souvenir. Ce concert, donné en plein air, termine la programmation "Autour de Lille 2004" de l'orchestre national de Lille, soutenue par le Conseil Régional Nord / Pas de Calais.


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Photos : ©NordMag

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