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LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

EN FRANCE ET EN ARTOIS
 
 


1 - LES FAITS DE GUERRE:

1-1: 1914 - Guerre de mouvement;

Sur le front occidental, pendant la bataille et le siège de Liège du 3 au 17 août 1914, c’est la prise puis l’abandon de Mulhouse (8-10 août), la conquête des cols des Vosges, tandis que se concentrent et se mettent en marche les armées : 85 divisions allemandes d’infanterie et 12 de cavalerie. Pau entre à Mulhouse le 19 août , mais un combat à Dinant le 15 août montre que l’ennemi va envahir la Belgique centrale. L’armée belge se replie sur Anvers. Les Allemands font leur entrée à Bruxelles le 20 août et font le siège de Namur du 21 au 23 août, tandis que Dubail et Castelnau s’avancent en Lorraine sur Sarrebourg et Morhange, où ils sont battus par le Kronprinz de Bavière les 19 et 20 août. Joffre fait replier Castelnau sur le Grand Couronné, Dubail sur la Mortagne ; il les dispose en équerre et la victoire de la trouée de Charmes le 25 août sauve l’Est de la France : ce sera le pivot de l’armée française jusqu'à la fin de la guerre. Mais Ruffey a été battu par le Kronprinz autour de Virton-Longwy et Langle de Cary dans la forêt des Ardennes le 22 août. C’est aussi la défaite de Lanrezac à Charleroi et de French à Mons (21 au 23 août) ; Bülow et Kluck les poursuivent. La France est envahie. Le 28 août au soir, le Kaiser ordonne la marche en toute hâte sur Paris. La retraite organisée par Joffre le 25 août est admirable : combat du Cateau le 26 août, siège de Maubeuge du 26 au 8 septembre, combat de Proyare, succès de Lanrezac à Guise, succès de Langle de Cary sur la Meuse et à Signy-l’Abbaye du 28 au 30 août. Mais il faut du temps à Joffre pour établir les liaisons de la retraite générale vers la Seine. Moltke s’inquiète et change la marche de von Kluck qui, au lieu de se diriger sur Beauvais oblique vers Meaux ; Gallieni observe ce mouvement. Le 4 septembre, Joffre, ayant ses liaisons assurées, ordonne l’offensive . La bataille de la Marne s’engage le 6 septembre. Maunoury est vainqueur sur l’Ourcq, French sur le Petit-Morin, Franchet d’Esperey à Esternay et à Montmirail, Foch à Mondement, aux Marais de Saint-Gond et à Fère-Champenoise, Langle de Cary à Vitry-le-François, Sarrail en Argonne, à La Vaux-Marie ; partout l’ennemi est rejeté ; Castelnau est victorieux au Grand Couronné, Dubail sur la Mortagne. Obligées de battre en retraite, les armées de Moltke sont poursuivies par les armées de Joffre, jusque sur les plateaux de l’Aisne où se livre une bataille imprécise du 13 au 20 septembre. De part et d’autre, on se retranche. Après la bataille de Woêvre, du 20 au 26 septembre, qui laisse Saint-Mihiel à l’ennemi, tout l’intérêt de la lutte est à l’ouest où se poursuit la course à la mer. Falkenhayn a remplacé Moltke disgracié. Il met le siège devant Anvers qui tombe le 10 octobre et jette contre Joffre toutes ses troupes vers le Nord : Castelnau livre la bataille de Lassigny-Roye du 19 septembre au 6 octobre, de Maud’huy défend énergiquement Arras du 1er au 6 octobre et déjà des troupes arrivent en Flandre pour recueillir les Belges échappés d’Anvers. Falkenhayn y envoie 150 000 hommes de troupes fraîches et le Kaiser veut la décision : il lui faut Calais. La bataille des Flandres du 22 octobre au 15 novembre 1914 est acharnée sur l’Yser et sur les collines autour d’Ypres ; elle se termine par l’échec complet de Falkenhayn battu par Foch. La guerre d’usure commence alors.
Sur le front oriental, le grand-duc Nicolas attaque dès le 12 août 1914 en Prusse orientale, il est victorieux à Gumbinnen et marche sur Kœnigsberg; mais Hindenburg est appelé pour sauver la situation et il écrase Sansonon à Tannenberg (26-29 août 1914).
Cependant, l’offensive russe a dégagé le front français d’où 80 000 hommes, rappelés en toute hâte vont manquer sur la Marne. En outre les armées russes de Pologne et de Galicie remportent sur les Autrichiens la belle victoire de Lemberg (28 août -12 septembre 1914) et les poursuivent jusqu’au delà de Przemysl sur les Carpathes et Cracovie. Au nord, l’armée russe de Rennenkampf bat les Allemands près du Niemen, à Augustow (25 septembre-3 octobre 1914). Pendant ce temps, Hindenburg envahit la Pologne et refoule le grand-duc Nicolas dans la boucle de la Vistule (1er -15 octobre 1914), mais une vigoureuse contre-offensive donne la victoire au grand-duc sur la Bzoura (16-31 octobre 1914). La bataille se continue par une manœuvre d’Hindenburg autour de Lodz, où il échappe difficilement à l’encerclement (15 novembre-15 décembre 1914).
De son côté, l’armée Serbe remporte sur les Autrichiens la victoire du Tser (15 21 août 1914); mais après la bataille de la Drinba (8-15 septembre 1914), elle se retire en novembre vers le centre du pays. La belle victoire du Roudnik (2-15 décembre 1914) rejette les Autrichiens sur la Save et la Drina.

1-2: 1915 - Guerre de position à l’ouest;

Sur le front occidental, en 1915, c’est la guerre de siège. Falkenhayn se tient sur la défensive en France, mais comme il envahit la Russie et la Serbie, Joffre va s’efforcer de les soulager par des attaques en Artois et en Champagne. Combats d’hiver à Crouy, à Neuve-Chapelle, à Perthes-les-Hurlus et à Beauséjour. De février à avril 1915, la bataille des Eparges et de Vauquois est très dure. Du 22 avril au 17 mai 1915, l’attaque allemande par les gaz sur le saillant d’Ypres marque les combats de l’Hermannswillerkopf. L’armée d’Urbal engage la bataille de Souchez du 9 mai au 16 juin 1915, et malgré le succès du corps Pétain, échoue. Le problème des munitions se pose et la nation fait un effort admirable. En Angleterre, les enrôlements augmentent l’armée de plusieurs millions d’hommes. En juillet 1915, le Kronprinz échoue en Argonne et les Français attaquent en Alsace le Massif du Lingekorpf. Enfin le 25 septembre 1915, Joffre déclenche la bataille d’Artois et de Champagne. Castelnau fait 25 000 prisonniers en Champagne mais manque la percée ; d’Urbal et Haig sont arrêtés devant Vimy et Lens.
L’Italie, entrée en guerre le 23 mai 1915, se trouve en présence sur sa frontière d’une puissante organisation défensive.
Sur le front oriental, Falkenhayn lance Hindenburg sur Varsovie en février, qui, vainqueur aux lacs de Mazurie, est battu à Borg noff et à Prasmysz. Dans les Karpathes, les Russes atteignent les cols et descendent vers la plaine hongroise en mars et avril 1915. L’Autriche appelle l’Allemagne à son secours. Falkenhayn et Hindenburg préparent une puissante offensive avec 1 400 000 hommes et 4 000 canons et, le 2 mai, les Russes sont enfoncés par Mackensen sur la Dunajec. Le grand-duc se replie sur le San où il livre bataille du 15 mai au 3 juin 1915, abandonne Przemysl le 3 juin et, malgré une vive résistance sur le Dniester évacue Lemberg le 22 juin. Les Russes retraitent sur Ivangorod et derrière le Narew. Le 5 août 1915, Varsovie est évacuée avec la ligne de la Vistule ; la Galicie, la Pologne et la Courlande sont perdues ; le 5 septembre1915, Le Tsar se met à la tête des troupes. Vilna tombe le 18 septembre et l’invasion s’arrête.
Au Caucase, les Turcs ont été battus par les Russes ; dans la presqu’île de Gallipoli, l’expédition des Dardanelles (d’avril à décembre 1915) mal préparée et mal exécutée, échoue. Falkenhayn s’est attaqué en automne à la Serbie : il lance deux armées d’invasion tandis que les Bulgares prennent l’armée serbe dans le dos le 15 octobre. Les Serbes opèrent en novembre une retraite émouvante à travers leur pays sans pouvoir être secourus.
 

1-3: 1916 - L’Année de Verdun;

Sur le front occidental, le 21 février 1916, Verdun est attaquée par les Allemands. Le fort de Douaumont tombe, mais Joffre envoie Castelnau et Pétain et la situation, un moment compromise, se rétablit. La bataille acharnée s’étend bientôt sur les deux rives de la Meuse : le 9 avril 1916, un assaut général échoue devant une admirable résistance ; on se bat à Avocourt, à Vaux, au Mort-Homme, à Douaumont, à la Caillette. Le fort de Vaux est pris le 7 juin après une héroïque défense. Le 23 juin, une tentative désespérée du Kronprinz sur Souville échoue et la guerre arrive à son tournant, car le 1er juillet, Joffre attaque à son tour les Allemands sur la Somme. Ce coup de maître enfonce l’ennemi jusqu’aux portes de Péronne. Ayant perdu quelques 105 000 prisonniers et 350 canons, l’ennemi est à deux doigts du désastre, d’autant plus que Joffre, ayant dégagé Verdun, y attaque le Kronprinz à Thiaumont-Fleury. Nivelle reprend Douaumont le 24 octobre et Vaux. Enfin, par sa victoire de Louvemont-Bezonvaux le 15 décembre 1916, Mangin rejette l’ennemi sur ses emplacements de février.
En Italie, les Autrichiens ont livré la bataille du Trentin le 15 mai, s’emparant d’Asiago et d’Arsiero, mais une contre-offensive de Cadorna et les revers de l’Autriche sur le front russe stabilisent la ligne ennemie (21-29 juin). Codorna reprend ses opérations sur l’Isonzo, s’empare de Gorizia le 9 août et livre les batailles du Carso le 14 septembre et de Faiti-Hrib (1er-3 novembre 1916).
Sur le front oriental, en Russie, Broussiloff attaque le 4 juin en Volhynie, en Galicie, en Bukovine : il est vainqueur à Loutsk (4-8 juin 1916), s’empare de Czernowitz le 17 juin et conquiert la Bukovine. Il combat contre Linsingen en Volhynie entre le Styr et le Stokhod (en juillet) et atteint, en Galicie, Brody et Stanislau (28 juillet-10 août) ; mais l’offensive s’arrête à la fin de septembre, avec un bilan de 240 000 prisonniers, 60 canons et 2 500 mitrailleuses.
La Roumanie se jette sur la Transylvanie et bientôt se voit attaquée concentriquement ; elle perd la bataille de Targugin (15-17 novembre) et Constantza le 22 octobre. Mackensen et Folkenhayn marchent sur la Valachie, et s’emparent de Bucarest le 6 décembre. L’armée roumaine se replie sur le Sereth où la France et la Russie la réorganisent.
Dans les Balkans, les Monténégrins ont perdu le Mont Lovcen ; les Italiens s’installent à Valona. Les Serbes débarquent à Salonique et l’armée d’Orient s’empare de Florina le 18 septembre 1916 et de Monastir le 19 novembre 1916.
En Arménie, les Russes ont pris Erzeroum le 16 février, Trébizonde le 18 avril, mais les Anglais ont subi un échec à Kut-el-Amara sur le Tigre le 28 avril 1916.

1-4: 1917 - L’Année difficile;

En 1917, sur le front occidental, Nivelle a remplacé Joffre. Battue sur la Somme en 1916, l’armée allemande se replie vers Cambrai et Saint-Quentin (17-21 mars 1917) sur les positions fortifiées par Hindenburg. Haig s’empare de la falaise de Vimy les 9 et 10 avril) et Nivelle livre sans succès suffisant la bataille de Craonne-Moronvilliers les 16, 18 avril et 5 mai 1917. Toutefois, l’ennemi perd 52 000 hommes prisonniers et près de 500 canons au cours du printemps. Il perd en outre la colline de Messines-Wytscaete les 7 et 8 juin, ainsi que la crête de Passchendaele dont la prise termine la longue bataille conduite par Haig en Flandre du 31 juillet au 6 novembre. Pétain a succédé à Nivelle et Verdun est définitivement dégagée le 20 août par le succès de Mort-Homme. La belle victoire de la Malmaison, au nord-est de Soissons, à l’entrée du Chemin des Dames, (23 au 26 octobre) donne alors des vues sur Laon. Haig de son côté attaque avec des tanks devant Cambrai le 20 novembre, mais son succès est annulé par une contre-attaque ennemie le 30 novembre.
Sur le front d’Italie, Cordona a repris l’assaut du Carso (15-23 mai 1917) puis conquis le plateau de Bainsizza (19-23 août 1917). Mais la propagande défaitiste, détermine, le 24 octobre, la rupture et le désastre de Caporetto-Tolmino. Gorizia et Udine sont abandonnés (27-29 octobre 1917), une armée italienne détruite à Latisana (31 octobre 1917), le Tagliamento franchi. Cependant la France vole au secours de l’Italie et l’arrêt s’établit sur la Pavie le 9 novembre 1917 et le massif du Grappa. L’Italie a perdu 450 000 hommes.
Sur le front oriental, après la Révolution de mars, la Russie s’écroule, Korniloff obtient un succès à Halicz (1er - 9 juillet 1917) mais Hindenburg profitant de l’indiscipline des troupes russes, attaque à Zloczow. Tarnopol et Stanislau tombe le 24 juillet 1917; les Roumains tentent de secourir cette armée qui lâche pied, mais Czernowitz est perdu le 3 août. La déroute gagne au nord, où Riga et Jaccobstadt sont pris en novembre. Le front oriental n’est plus qu’un souvenir et, les 7 et 15 décembre 1917, la Russie et la Roumanie signe l’armistice oriental.
En Mésopotamie, les Anglais vainqueurs à Kut-el-Amara le 24 février 1917, se sont ouvert la route de Bagdad, qu’ils ont occupé le 11 mars 1917. Samarra le 21 avril. Gazza et Jaffa sont pris les 6 et 17 novembre 1917 et Jérusalem le 9 décembre 1917.

1-5: 1918 - L’équilibre enfin rompu;

En 1918, sur le front occidental, libre en Russie, l’Allemagne accumule sur le front français 205 divisions contre 177 divisions alliées. Elle veut forcer le destin avant que les Etats-Unis entrent dans la bataille. Ludendorff frappe à la soudure franco-britannique autour de Saint-Quentin et brise le front anglais le 21 mars 1918. Pétain vole au secours de Haig et arrête l’ennemi à Noyon le 25 mars, mais Montdidier tombe le 27 mars. Toutefois, épuisé par son effort et la résistance de Fayolle, de Debeney et d’Humbert, l’ennemi s’arrête devant Amiens le 4 avril 1917. Ludendorff tente une nouvelle rupture des Anglais pour atteindre la mer par la Lys le 9 avril ; Là encore, Foch, nommé au commandement des troupes alliées, jette les divisions françaises au secours des Anglais et, derrière le Kemmel, fixe l’ennemi (25-29 avril 1918). Ludendorff s’obstine à la rupture brutale. Il jette ses troupes à l’assaut du Chemin-des-Dames et franchit l’Aisne le 27 mai. L’angoisse est grande. Soissons tombe et la Marne est atteinte le 30 mai. Les troupes françaises cependant barrent la route de Paris sur les hauteurs de Château-Thierry et devant la forêt de Villers-Cotterets le 4 juin. Le plan allemand contre Paris s’exécute : le 9 juin 1918, von Hutier livre la bataille du Matz, s’empare du massif de Lassigny, mais Mangin l’arrête par une attaque de flanc le 11 juin.
En Italie, l’armée autrichienne s’ébranle pour franchir la Piave et prendre la Vénétie dans une tenaille le 15 juin. Mais Diaz tient la charnière du Montello et la crue de la Piave transforme l’insuccès de l’ennemi en défaite le 23 juin.
Ludendorff veut en finir avec la France et couper ses armées par le centre. C’est la bataille de Champagne le 15 juillet. Gouraud y arrête net et massacre les troupes allemandes. Foch et Mangin profitent du succès : le 18 juillet, Mangin et Degoutte attaquent sur Soissons et Neuilly-Saint-Front. L’ennemi repasse la Marne, abandonne Château-Thierry le 21 juillet, recule sous la poussée convergente des armées françaises, abandonne Soissons le 2 août et repasse la Vesle. Foch veut maintenant dégager Amiens : Rawlinson et Debeney tombent sur l’ennemi pris de panique le 8 août et entre dans Rozières et Montdidier ; Humbert prend à revers von Hutier et conquiert le massif de Lassigny (10-22 août). Ludendorff replié sur Roye, avoue que la guerre est perdue. Mangin fonce à son tour en direction de l’Ailette (20-22 août) tandis que Rawlinson et Byng tombent sur von der Marwitz du haut des plateaux de l’Ancre et débordent Bapaume (21-23 août). Ludendorff comprend qu’il faut céder : il ordonne la retraite sur la ligne Hindenburg le 28 août. Foch reprend Noyon, Ham et Chauny, Péronne et Bapaume. La poche de la Lysse vide, le Kemmel est repris le 31 août. Diminuée de 130 000 prisonniers, 2 000 canons et 14 000 mitrailleuses, rejetée dans la ligne Hindenburg qui couvre Douai, Cambrai, Saint-Quentin et Laon le 6 septembre, l’armée allemande est ébranlée.
Sur le front oriental, c’est la victoire décisive. Franchet d’Esperey a rompu le front bulgare à la bataille du Dobropolie le 15 septembre ; l’armée d’Orient coupe l’armée ennemie, entre à Uskub le 29 septembre, fait capituler 72 000 hommes ; la Bulgarie signe l’armistice de Salonique le 29 septembre. La marche victorieuse continue contre les forces austro-allemandes : la Serbie est libérée, Belgrade réoccupée le 1er novembre. Allenby attaque entre le Jordain et la mer le 18 septembre, coupe l’armée turque avec sa cavalerie et entre à Damas le 1er octobre et à Alep le 26 octobre. La Turquie implore l’armistice qui est signé à Moudros le 30 octobre.
Sur le front de France, une immortelle campagne de Foch va entraîner la chute de l’Allemagne et conduire les Alliés sur le Rhin. Pershing commence par réduire la poche de Saint-Mihiel au cours d’une bataille qui lui donne 20 000 prisonniers et 400 canons le 12 septembre. Aussitôt après, Rawlinson conquiert, entre Cambrai et Saint-Quentin, les avancées de la ligne Hindenburg le 18 septembre. Enfin la foudre éclate successivement le 26 septembre en Argonne, le 27 dans le Cambrésis, le 28 dans les Flandres et le 30 dans le Soissonnais.
Gouraud et Pershing attaquent de part et d’autre de la forêt d’Argonne et emportent une large zone des défenses allemandes du 26 au 30 septembre. Horne et Byng passent le canal du Nord et dessinent un cercle devant Cambrai les 27 et 28 septembre, que Rawlinson accentue au sud  et le 30 en enlevant le canal de Saint-Quentin où il brise la ligne Hindenburg ; à son tour Debeney manœuvre autour des défenses de Saint-Quentin et s’empare de la ville le 1er octobre.
En Flandre, le groupe d’armée du roi Albert s’empare de Dixmude (28-30 septembre) et de la ceinture des collines d’Ypres. Ce coup d’épaule amène la résorption de la poche de La Bassée, la prise de Lens et d’Armentières le 2 octobre. Mais tout s’enchaîne. Berthelot a attaqué le 30 septembre sur la Vesle et poussé jusqu'à l’Aisne le 30 octobre, en liaison avec Gouraud qui manœuvre sur la Suippe, fait tomber les monts de Champagne et atteint Vouziers le 12 octobre, ayant pris depuis le 26 septembre 22 000 prisonniers et 600 canons. Enfin, un assaut décisif, le 8 octobre, mené par Horne, Byng, Rawlinson, Debeney, emporte les vestiges de la ligne Hindenburg entre Cambrai et l’Oise et débouche en rase campagne sur le plateau de Bohain. Cambrai et le Cateau sont occupés les 9 et 10 octobre, le massif de Saint-Gobain-Craonne enlevé par Mangin. Laon est délivrée le 13 octobre.
En Flandre, le roi Albert attaque le 14 octobre et entre à Thourout et à Courtrai le 16. La côte est dégagée par la prise d’Ostende le 17, de Bruges le 19, Degoutte a enlevé le plateau de Thielt, l’ennemi évacue la plaine du Nord et les troupes françaises entrent dans Lille et Douai le 17 octobre. Les Anglais et Debeney vont harceler l’ennemi au Sud et le bousculer sur la Serre, la Rhouelle, l’Ecaillon, la forêt d’Andigny. Valenciennes tombe le 2 novembre. C’est l’heure de la pression générale sur l’Escaut, la Serre, l’Aisne et la Meuse. Ludendorff abandonne le commandement le 26 octobre. Le 4 novembre, le canal de la Sambre à l’Aisne et la forêt de Mormal sont enlevés et sur tout le front de France les armées allemandes battent définitivement en retraite, vaincues, usées, démoralisées, ayant perdu depuis le 15 juillet 370 000 prisonniers, 6 500 canons et 40 000 mitrailleuses.
En Italie, Diaz a préparé également l’offensive finale. Il franchit la Piave le 27 octobre, s’empare de Canegliano et de Vittorio le 29, d’Asiago le 30 et presse de tous côtés l’armée autrichienne disloquée et en pleine déroute. Il entre à Trente et à Trieste le 3 novembre au moment où le général von Arz signe à Padoue un armistice qui marquait la fin de l’Autriche-Hongrie ; le 4, le feu cesse derrière les débris de l’armée autrichienne abandonnant 430 000 prisonniers et 6 800 canons.
En France, les villes de Rethel et Sedan, Maubeuge et Tournai sont délivré et Foch prépare en Lorraine la dernière bataille qui doit terminer la campagne par un immense Iéna quand, effrayés devant ce désastre sans précédent, les plénipotentiaires allemands, ayant franchi les lignes françaises à la Capelle, signe l’armistice de Rethondes le 11 novembre qui consacre la capitulation de l’armée allemande.
 
 

2 - LES FAITS DE GUERRE MARITIMES ET COLONIAUX:

Après la poursuite du « Gœben » et du « Breslau » et l’entrée en ligne de la Turquie, la flotte anglo-française attaque les Dardanelles. Des actions des plus diverses (blocus, raids de sous-marins, pose de mines, ravitaillement, chasse aux navires de commerce allemands) se développent sur toutes les mers. Sur les côtes du Chili, la flotte anglaise subit un échec, mais elle coule trois cuirassés allemands aux îles Falkland le 8 décembre1914, poursuit les autres et les détruit successivement.
Aux colonies, le Togo capitule le 22 août, ainsi que Samoa et la Nouvelle-Guinée. Assiégée par les Japonais, la garnison allemande de Kiao-Tchéou capitule le 7 novembre 1914. Les opérations commencent au Sud-Ouest Africain et au Cameroun.
En 1915, après une première attaque des forts des Dardanelles par la flotte anglo-française le 25 février, une bataille est engagée le 18 mars ; la flotte échoue et perd plusieurs cuirassés. Cependant la flotte anglaise a enregistré un beau succès sur la flotte allemande dans les parages du Dogger-Bank le 24 janvier. Sur toutes les mers l’ennemi s’attaque aux navires neutres et coule le Lusitania le7 mai 1915.
Au Sud-Ouest Africain, la prise de la capitale, Windhock, le 12 mai, rend les anglais maîtres du pays. Au Cameroun, des colonnes s’organisent et refoulent l’ennemi.
En 1916, les torpillages deviennent de plus en plus nombreux. Le 31 mai la flotte allemande tente de rompre le blocus, mais se fait battre près des côtes de Jutland par la flotte de l’amiral Beatty ; elle perd 16 unités, mais échappe à l’écrasement.
L’Allemagne voit ses colonies tomber au pouvoir des Alliés. En janvier 1916, au Cameroun, Yaoundé est occupée et l’ennemi rejeté dans la Guinée espagnole. La conquête de l’Afrique orientale allemande est poursuivie par les colonnes anglaises, belges et portugaises qui convergent sur le chemin de fer central. La capitale, Dar-es-Salam, est occupée le 4 septembre 1916. L’empire colonial allemand a vécu.
Le 31 janvier 1917, l’Allemagne déclare la guerre sous-marine à outrance ; elle inflige aux Alliés des pertes importantes et croit pouvoir vaincre l’Angleterre en quelques mois. Mais les mers sont minées et la lutte contre les sous-marins s’organise. Les transports américains augmentent sans cesse et l’espoir de l’Allemagne s’évanouit peu à peu, d’autant plus que le blocus se resserre autour d’elle. La maîtrise de la mer reste assurée pour les Alliés.

En 1918, la flotte anglaise tente un raid d’embouteillage contre Ostende et Zeebrugge, la guerre sous-marine est en décroissance et les chantiers de l’Entente construise un tonnage supérieur au tonnage coulé, la marine américaine fait un grand effort pour accélérer les transports de troupes. Enfin, grâce à la liberté des mers, et, après l’armistice, la flotte anglaise assiste le 21 novembre 1918, à la réédition de la flotte allemande.
 

3 - RESULTATS GENERAUX DE LA GUERRE:

1914 : l’Allemagne veut écraser la France par une victoire immédiate avant la mise en marche des Russes et l’entrée en ligne des réserves anglaises ; elle échoue. La France subit l’invasion, parce que la préparation à la guerre a été inférieure à celle de l’ennemi ; mais le génie de ses chefs et la valeur de ses soldats remporte la victoire. Grâce à elle, on organisera et on accroîtra sans cesse les effectifs et le matériel en vue d’une guerre d’usure qui, avec la liberté des mers, donnera la victoire définitive.

1915 : l’Allemagne envahit la Russie et la Serbie mais Joffre attaque pour soulager ses alliés. L’armée française fait de grands sacrifices ; elle permet à l’Angleterre de constituer une grande armée et à l’Italie d’entrer en ligne avec les Alliés. C’est aussi une année de consolidation et d’attente.

1916 : l’Entente attaque concentriquement les Empires Centraux. Après Verdun, la Somme et la Galicie, c’est, malgré l’échec de la Roumanie, la défaite certaine de l’Allemagne. Les armées alliées ont décimé sa force militaire et le blocus épuisé sa population. Mais la paix proposée par l’Allemagne en décembre est toujours basée sur l’annexion : l’Entente refuse.

1917 : la guerre sous-marine à outrance dresse les Etats-Unis contre l’Allemagne, mais la révolution russe anéantit le front oriental. Les armées de l’Entente conquièrent les observatoires du front occidental, mais les Italiens sont rejetés sur la Piave, Equilibre et déséquilibre, l’année se termine au moment ou l’heure décisive va sonner.

1918 : c’est l’année suprême et l’année de la victoire. Après les attaques de Ludendorff et les grandes angoisses du printemps, un chef unique, Français, le maréchal Foch, groupe les armées alliées et les porte à l’assaut. Dans les Empires Centraux, le commandement, les troupes, les peuples eux-mêmes, fléchissent successivement de tous côtés, en France, en Macédoine, en Palestine, en Italie ; la victoire enfin devient éclatante sur la frontière française reconquise où la guerre s’achève par l’armistice du 11 novembre et qui conduit les troupes françaises au Rhin.

1919 : les traités de Versailles et de Saint-Germain enlèvent à l’Europe centrale la suprématie politique, économique et militaire ; la France, l’Angleterre et l’Italie recueillent la succession. Mais l’unité de l’Allemagne est maintenue et la paix future qui suivra dépendra de la vigilance des alliés et de la Société des Nations.
 

4 - LES FAITS DIPLOMATIQUES :

Les causes de la Première Guerre Mondiale sont à rechercher dans un passé quelque peu lointain: depuis 1870, la guerre était devenue « l’industrie nationale » de l’Allemagne qui se croyait appelée à remplir une mission divine d’hégémonie universelle. Son expansion économique et son orgueil dressèrent contre elle la Triple Entente (l’Angleterre, la France et la Russie). La politique des armements qui s’ensuivit rendit le conflit inévitable.
Mais la cause la plus proche fut l’assassinat de l’Archiduc François Ferdinand, héritier d’Autriche à Sarajevo le 28 juin 1914 par un étudiant serbe, Gavrilo Princip ; il deviendra le prétexte recherché pour déclarer la guerre au Conseil secret de Potsdam, le 5 juillet 1914. L’ultimatum autrichien du 23 juillet 1914 à dessein inacceptable par la Serbie, met en garde la Russie protectrice des Slaves. L’Autriche rejette la réponse serbe et l’Allemagne écarte les chancelleries qui veulent tenter une médiation.
Le 28 juillet 1914, l’Autriche déclare la guerre à la Serbie, ce qui, déclenche une mobilisation partielle russe et immédiatement la mobilisation générale allemande. La France à son tour mobilise le 1er août 1914 après-midi et l’Allemagne lui déclare la guerre le 3 août 1914 à 18 heures 45, après avoir violé la neutralité du Luxembourg et de la Belgique et notre propre territoire. L’Angleterre, la Belgique, le Monténégro, la Serbie et le Japon commencent les hostilités à leur tour. La Turquie, jusqu'alors neutre, laisse entrer deux croiseurs allemands dans les Dardanelles et les achète à l’Allemagne le 13 août 1914. Le 29 octobre 1914 des vaisseaux turcs coulent des navires russes dans la Mer Noire. Le 3 novembre1914 , la guerre est déclarée par l’Entente.
L’Italie qui fait partie de la Triple Alliance discute vainement avec l’Autriche au sujet de compensations territoriales. Elle signe le 26 avril 1915 le traité de Londres avec l’Entente, et le 3 mai 1915, dénonce son traité d’alliance avec les Empires Centraux. La guerre est déclarée le 23 mai 1915. Aux Balkans, notre effort diplomatique insuffisant n’aboutit pas. La Bulgarie se joint aux Empires Centraux et attaque la Serbie le 11 octobre 1915, sans déclaration de guerre. De son côté, le roi de Grèce Constantin refuse d’exécuter le traité de 1913 qui le lie à la Serbie.
En Février 1916, le Portugal se range aux côtés de l’Entente, et la Roumanie se décide à intervenir; elle signe le traité le 17 août 1916 et déclare la guerre à l’Autriche le 28 août 1916. Par contre la position du roi de Grèce est inquiétante et le roi Constantin trahit l’Entente. En Turquie d’Asie, l’Arabie se déclare indépendante et un accord secret entre la France et l’Angleterre détermine des zones d’influence. Le 12 décembre 1916, l’Allemagne épuisée tente une manœuvre pour obtenir la paix, mais refuse de dire ses buts de guerre ; l’Entente déjoue cette manœuvre.

La lutte sous-marine à outrance, décidée par l’Allemagne, jette les Etats-Unis dans la guerre ; les relations sont rompues par Wilson le 3 février 1917 et l’état de guerre reconnu les 5 et 6 avril 1917. De nombreux états suivent l’exemple des Etats-Unis : la Chine, le Siam, le Brésil. Cet événement est capital.

Mais en sens opposé, la Révolution russe ne l’est pas moins. Elle éclate le 12 mars 1917 à Pétrograd. Nicolas II abdique, mais la lutte engagée entre extrémistes et modérés amène la chute de Kerensky et le triomphe du bolchevisme avec Lénine le 7 novembre 1917. L’armistice oriental est signé à Brest-Litovsk le 15 décembre 1917. La Roumanie est entraînée à signer également l’armistice. En Grèce cependant, le roi Constantin a été mis dans l’obligation d’abdiquer le 12 juin 1917. Venizelos a pris le pouvoir et déclaré la guerre aux Etats Centraux.
En Russie, la République des Soviets est proclamée. La Russie signe le honteux traité de Brest-Litovsk le 3 mars 1918 qui consacre le morcellement de l’ancien Empire des Tsars. De son côté, la Roumanie signe les traités de Bucarest qui la ruine économiquement les 5 et 26 mars et le 7 mai 1918.
Dès le mois d’août 1918, une dépression morale profonde ébranle l’Allemagne. Les victoires de l’Entente se succèdent, éclatantes. Le 19 septembre 1918, la Bulgarie écrasée signe l’armistice de Salonique et le roi Ferdinand abdique le 4 octobre 1918 et s’enfuit. La chute de la Turquie suit de près: le 30 octobre 1918 est signé l’armistice de Moudros. La victoire s’ouvre de toutes parts, l’armée autrichienne se désagrège; l’empereur Charles s’enfuit de Vienne; la révolution disloque l’Autriche-Hongrie et l’armistice est signé à Padoue le 3 novembre 1918. Enfin l’Allemagne vaincue sur les champs de bataille a demandé l’armistice le 5 octobre 1918. La Conférence interalliée de Versailles, du 1er au 4  novembre 1918, examine les clauses qu’on imposera. A ce moment la révolution éclate dans les villes allemandes, et le 9 novembre 1918, Scheidemann proclame la République et l’abdication de Guillaume II qui, avec le Kronprinz, s’enfuit en Hollande. S’inclinant devant la victoire de l’Entente, les parlementaires allemands signent le 11 novembre 1918 à cinq heures du matin, l’armistice de Rethondes.
L’Allemagne doit livrer 5 000 canons, 25 000 mitrailleuses, 1 700 avions, 5 000 locomotives, 150 000 wagons, 5 000 camions; les Alliés vont occuper toute la rive gauche du Rhin et les têtes de pont de Cologne, Coblence et Mayence. L’Allemagne rapatrie les prisonniers alliés, livre ses sous-marins; toute la flotte allemande est désarmée et internée et le blocus est maintenu.
La Conférence de la Paix se réunit à Paris, au Ministère des Affaires étrangères le 18 janvier 1919. Georges Clémenceau la préside et bientôt le Conseil des Quatre (Clémenceau, Wilson, Lloyd George, Orlando) délibère. La France ne peut obtenir l’occupation permanente et perpétuelle de la rive gauche du Rhin, mais on lui propose l’alliance des Etats-Unis et de l’Angleterre en cas d’agression de l’Allemagne. La Conférence maintient l’unité de l’Empire allemand.
 

Le traité de Versailles est signé le 28 juin 1919 dans la Galerie des Glaces. Il nous rend l’Alsace-Lorraine libre de toutes charges. Les mines de charbon de la Sarre nous sont données en toute propriété et les habitants pourront opter pour la France dans les quinze ans. Tout ce que l’Allemagne a enlevé dans les pays occupés doit être restitué, tous les dommages causés aux civils réparés intégralement, les pensions, allocations et frais d’occupations remboursés L’Allemagne doit payer 20 milliards de marks avant le 1er mai 1921 et remettre un acompte de cent milliards de bons en marks or. Guillaume II et les coupables doivent être jugés ; on obtient la liberté de transit en Allemagne, le traitement de la nation la plus favorisée, un régime international du Rhin. L’Allemagne perd toutes ses colonies et ses droits au Maroc et au Congo ; la France obtient le mandat pour le Togo et le Cameroun. L’armée allemande est limitée à 100 000 hommes, son matériel considérablement réduit. Toute la partie gauche du Rhin et la rive droite jusqu'à 50 kilomètres sont démilitarisées. L’occupation est prévue pour quinze ans ; si l’Allemagne manque à ses engagements, les français sont autorisés à les réoccuper après cette période. La garantie britannique et américaine est assurée à la France. Les traités de Brest-Litovsk et de Bucarest sont abrogés et les Etats nouveaux de Pologne, Yougoslavie et Tchécoslovaquie reconnus. Enfin, la Société des nations est constituée et représente une haute sûreté susceptible d’amélioration.
Le traité de Saint-Germain est signé avec l’Autriche le 10 septembre 1919. L’Autriche, réduite au Tyrol, à la Carinthie, à la Styrie et à l’Autriche proprement dite ; son armée est réduite à 30 000 hommes, sa flotte de guerre livrée à l’Entente ; les dommages de guerre seront réparés ; l’Autriche cède toute sa flotte marchande.
Le traité avec la Bulgarie est ensuite signé à Neuilly : il comporte des rectifications de frontières et, comme le traite de Saint-Germain, des clauses militaires et économiques.
Les traités avec la Hongrie et la Turquie ont été signés en 1920.



L’ARTOIS MINIER DANS LA « GRANDE GUERRE »:
LA VIE EN ZONES OCCUPEE ET LIBRE


 

Par Jean-Pierre ROGER, Président du Cercle Historique du Bruaysis « BRUACUM »

« 1914-1918 » s’estompe déjà dans la mémoire de beaucoup de français et d’habitants du Pas-de-Calais, et il faut penser à nos jeunes qui ne connaîtront que par l’histoire de France cette période que nos contemporains, nos grands-parents, ont vécue.
Cependant, dans le bassin houiller du Nord-Pas-de-Calais (partie comprise dans le département du Pas-de-Calais), plus exactement de Leforest à Ligny-les-Aire, la première guerre mondiale eut des répercutions plus ou moins graves selon que l’on se situe en zone libre ou en zone occupée.
C’est dans un cadre urbain essentiellement, en y ajoutant quelques villages voisins mais marqués par l’essor minier tels que les villages de Witternesse, Bailleul-les-Pernes, etc... , que sera traité à partir de monographies locales, de témoignages écrits et oraux, de registres de paroisses, d’articles de presse, notre récit d’aujourd’hui.
Nous n’insisterons pas sur l’étude humaine où l’événement militaire à Hénin sera réduit parce qu’il est si bien décrit par M. Splingart.
Avant d’aborder ce sujet passionnant, il est utile de préciser très rapidement la chronologie des événements militaires.
A la guerre de « Mouvement » d’août-octobre 1914 succédera la guerre de « position » de tranchées, une guerre dure et impitoyable.
Les 3 et 4 octobre 1914,tout l’Est d’une zone allant de Neuve-Chapelle au Nord, à Liévin au Sud, est occupé. Sont comprises les villes de Carvin, Hénin, Harnes, Lens, Liévin pour ne citer que les plus importantes, sous le contrôle des mains ennemies.
Des reprises successives en mai-septembre 1915, en particulier Carency, Neuville-Saint-Vaast, Souchez, Vimy, Loos-en-Gohelle et en avril 1917 à Liévin et Angres, réduisent la zone occupée jusqu’à la libération finale d’octobre-novembre 1918, malgré la dernière furie allemande en mars 1918 dans le « Bas-Pays » (région de Béthune-Laventie) où les Portugais cèdent.
Zone occupée, zone libre: examinons maintenant cette dualité en détail.

1 - LA VIE EN ZONE OCCUPEE:

Dès août 1914, l’enthousiasme est général. « Ligne bleue horizon », culte de l’Alsace-Lorraine, de la Patrie, ces notions inculquées par l’instituteur laïc républicain demeurent très vivaces. « A Berlin », « Dans trois mois la guerre sera gagnée », voilà ce que l’on entend dans toutes les bouches. On fait confiance à l’armée russe, dans le « Rouleau Compresseur » russe, et aussitôt les Austro-hongrois et les Polonais sont emprisonnés.
L’ennemi, c’est une notion bien floue. Pour nos artésiens, « l’Empire Allemand » n’est pas bien défini; on parle des Prussiens, puis plus tard (et pourquoi?) des alboches, des boches, et aussi des fridolins, des fritz. Mais il y a également des Bavarois, des Saxons, des Wurtembourgeois, des Badois (à Vermelles par exemple) ...
Dès le départ, des patrouilles d’Uhlans (on disait d’abord les urlans à Meurchin) sèment la terreur dans les campagnes et dans les villes. On les rencontre à Hénin, Aire, Souchez, Ablain-Saint-Nazaire. A Souchez, on les prend même pour des Anglais. Ces guerriers légendaires coupent, paraît-il les mains des enfants et les utilisent, ainsi que les femmes, comme boucliers dans les combats de rues. On démarre la guerre dans un climat de terreur et de psychose. En 1940, on parlera de « Cinquième Colonne ». Les réfugiés belges et de Maubeuge ne sont pas faits d’ailleurs pour arranger les choses dans leur exode pitoyable. La déception est extrême quand, le 3 octobre au soir et le 4 au matin, les dragons et les chasseurs cyclistes font le coup de feu et se replient sur Nœux-les-Mines, Béthune et Arras.

Puis ce fut " l'Occupation " telle que nous le décrit le pasteur Lemaitre à Liévin dans ses mémoires :
« Donc, ce 4 octobre, beaucoup fuyaient : nous, et avec nous 10 000 habitants environ, nous restions. A 4 heures, derrière nos vitres, en soulevant légèrement les rideaux, nous assistions à l'entrée des premiers uhlans : vrais hercules, ils arrivaient sans bruit, lance en avant, par groupes de sept , défiants, soupçonnant quelqu'ennemi caché, s'avançant comme des ombres fantastiques dans la brume, dans le silence, dans la mort de cette ville endormie, condamnée à l'avance à la passivité, à la morne résignation. La nuit et les deux jours qui suivirent, l'arrivée des troupes allemandes remplit la cité de tumulte ; la circulation était quasi-impossible dans nos rues, où très peu de civils osaient d'ailleurs s'aventurer. Ce fut l'invasion. Ce mot signifie : terreur et pillage. Oh ! sans doute, je n'ai rien à ajouter de sensationnel ou d'atroce à ceux qui connaissent les récits de Belgique. Les violences sur les personnes furent rares ; il y eut quatre ou cinq civils fusillés, accusés d'avoir tiré. Mais le système d'occupation est le système de la terreur : affiches multiples et menaçantes ; arrestations arbitraires, interrogations insidieuses, visites domiciliaires faites souvent par des hommes, revolver au poing. Le pillage suivit son libre cours durant les premières journées. L'alcool - il y a 700 estaminets à Liévin - fut un merveilleux stimulant : certains jours le vin coulait littéralement dans les rigoles. Le principe était de piller radicalement toute demeure vide, tout magasin dont le tenancier était parti ".

On pille donc à Lens, Liévin, Angres, Montigny-en-Gohelle, etc... Le 4 octobre, Emile Basly, député-maire de Lens se rend au devant des allemands à Sallaumines ; il est relâché le 5.
A Angres, le curé du lieu, Monsieur Sautière, le directeur d'école, Monsieur Delahaye, François Lequint, agriculteur, sont enfermés, garants de la rançon et ont pour tâche d'enterrer les morts. A Ablain-Saint-Nazaire, quelques vieillards et un jeune enfant subissent un calvaire durant deux mois dans un grenier. Sauvés grâce à l’intervention d’un officier, les raisons de leur détention resteront obscures. En plus des otages, il faut ajouter des contributions de guerre à Hénin, à Liévin, à Loos-en-Gohelle d’un montant de 7 000 francs, qui se chiffrent à Lens à 950 000 francs or, une première fois à 800 000 francs en avril 1916.
Y eut-il des francs tireurs ? Nous ne le pensons pas mais toujours est-il qu’une crainte extrême de ceux-ci existe. Des imprudences, peut-être des actes de violence « gratuits » provoquent la chute des premières victimes civiles, quatre ou cinq personnes à Liévin, six vieillards fusillés à Loos-en-Gohelle comme « espions », un habitant de Souchez abattu sur place pour avoir crié « vive la France ». Alexandre Davroux de Pont-à-Vendin est exécuté, gare de Lens le 11 ; lui aussi aurait crié. Un cabaretier de Calonne-Liévin, Malaquin, a le tort de lancer quelques coups de carabine, pris de folie furieuse. Il est abattu sur place.
Il faut savoir que beaucoup de personne avaient fui. Ce fut un exode très rapide, désordonné, pitoyable où l’on vit des vieillards, même des bébés qui trouvèrent la mort et ceci dans des conditions inhumaines, dans leur « voyage » sous le feu des balles perdues sur les routes de Nœux-les-Mines ou d’Arras. De ceux-là plusieurs disparurent à jamais.
En mai 1940, il y eut la réminiscence des événements de 1914. Ces directions furent prises vraisemblablement en fonction d’affinités familiales et de renseignements hâtifs donnés par les troupes en repli. Ce fut le cas des réfugiés de Meurchin, de Liévin.
Cette fuite désorganisée sépare tragiquement des membres d’une famille, quelquefois pour toujours et souvent pour quelques années. On se retrouve à Nœux-les-Mines dans des bâtiments publics, des écoles, sur le trottoir, chez des amis connus ou inconnus en attendant l’exode dans des wagons à bestiaux. Ensuite il y aura l’éparpillement vers les bassins houillers du centre (Blangy ; Montceau ; Decazeville, ; Epinal ; Commentry), du Jura (Ronchamp) pour les mineurs. En général, l’accueil se fait dans les départements du centre, mais il en partira pour le Midi, le Sud-Est et même à Paris.
Cet accueil ne fut d’ailleurs pas toujours favorable pour les réfugiés cartés car ils pâtiront de certains vols, de certaines exactions commis à ce moment-là, d’où leur surnom de « Boches du Nord » en particulier dans le Loiret.
Les Belges furent ensuite dirigés près du Havre et de Sainte-Adresse exactement, siège du gouvernement provisoire à cette époque.
Mais tout le monde n’avait pas voulu ou n’avait pas pu partir de chez lui, surpris par l’avance rapide de nos envahisseurs. Ces chiffres vous en donnent les proportions... A Liévin, c’est en gros la moitié de la population (10 000 sur les 25 698 habitants en 1914) ; la proportion est la même à Lens. A Souchez il ne subsiste que 150 personnes et 500 pensionnaires et personnel de l’hospice qui n’ont pu être évacués (sur 1 526 habitants en 1914). A Ablain-Saint-Nazaire, on dénombre trente familles moins les mobilisés (sur une population de 1 127 habitants en 1914). A Loos-en-Gohelle, 300 personnes demeurent sur une population de 4 749 habitants en 1914). A Farbus, c’est un total de 26 habitants qui resteront sur … 535, chiffre de la population de l’époque.
Avant d’examiner les rapports entre occupants et la vie de tranchées et aussi la vie de garnison, faisons connaissance avec la vie périlleuse par instants, et la vie statique durant d’autres.
Sans plus insister sur les combats difficiles, meurtriers, sanglants, effrayants, signalons que les Bavarois du Prince Ruprecht, les Saxons, les Prussiens, les Wurtembourgeois connurent des épreuves physiques, morales et psychologiques sur la colline sacrée de Notre-Dame de Lorette ou à Vimy
La « Dame Blanche » ou la « Dame Noire » de « Loretto » les empêchent quelquefois d’avancer, dans une espèce de vision ou d’hallucination. Certains reviennent des combats hébétés, parfois fous. On ne considère pas qu’il y a l’enfer d’un côté ni le paradis de l’autre, mais le repos est salvateur, réparateur. A Méricourt les soldats payent un mark pour une lessive des effets personnels ; au même lieu, une lessiveuse  d’eau chaude qui élimine la vermine, les poux (les célèbres « totos »), les parasites, se négocie à quatre marks. Cependant, d’après le Maréchal Mayolle, les tranchées ou abris ennemis sont plus confortables que les nôtres. Tout est bon pour se protéger, pour fortifier les abris qu’on appellera blockhaus en 1939-1945 confectionnés à l’aide de rondins ,sacs de ciment et de béton. Méricourt, Liévin, Lens sont remplis de « termitières », de « taupinières », de « ratières ». Les officiers y jouent quelquefois du piano, de la musique de chambre, y écoutent du gramophone, y boivent chantent et rient quelquefois. Le confort n’est pas exclu dans ces mini-bunkers où l’on peut trouver piano, glace, tapis, etc….

La vie de rapport varie selon l’origine géographique des occupants : particulièrement dure avec les Prussiens, les Badois, les Saxons, les Wurtembourgeois, beaucoup plus détendue avec les Bavarois et les Alsaciens-Lorrains. Ces derniers, qui se sentent toujours français sympathisent même, se montrent pleins de mansuétudes et quelquefois désertent.
De toute façon, le logement des gens de guerre comme nous disions sous l’Ancien Régime est obligatoire. Serait-il par ailleurs, possible de refuser le gîte et le couvert à un soldat, sous-officier ou officier ? La reconnaissance naît quelquefois au terme de cette hospitalité forcée ; on parle fréquemment d’inscriptions mystérieuses souvent bénéfiques par la suite, celles-ci tracées à la craie sur la porte par des hôtes parfois d’un jour.
L’accoutumance se transforme en tolérance puis en sympathie. Il n’est jamais indifférence. Un exemple est relevé à Méricourt où les Bavarois soignent les jeunes enfants et familiarisent avec eux et avec les adolescents en distribuant du pain, du chocolat ou offrent de l’alcool ou « en’bonne chique ed toubac » pour les vieux. Il faut penser qu’eux aussi sont pères ou grands-pères ou parrains. Les femmes ne craignent pas à Méricourt les débonnaires Bavarois et leur font sans arrêt des plaisanteries, pas toujours innocentes ; ils volent les petits pains blancs des officiers (l’armée impériale à le sens de la hiérarchie, même culinaire). Les farces vont quelquefois jusqu’à couper les supports des feuillées réglementaires et aussi font éclater des cartouches dans les paillasses, dérobent de menus objets dont le plus souvent le rasoir, le plat et les savons à barbe bien précieux. Parfois leurs briquets ou couteaux de tous les jours disparaissent également.
Malgré cela, malgré le franc parler des femmes, nos braves épouses de mineurs, il règne le plus souvent l’estime mutuelle, « c’est toudis les enfants de quéqu’un ». Cette phrase résume bien la pensée pleine de philosophie, celle des simples.
Les « collabo », la collaboration fut un terme exclusif à 1939-1945. On trouve un peu de marché noir à Lens commis par des individus d’origine flamande, depuis les estaminets douteux installés dans la capitale du « Pays Noir ». Voici ce que nous conte à ce propos Emile Basly, député-maire de Lens. Mais il faut dire que de tout temps et en tout lieu, le militaire attire toujours les talents d’une certaine gent féminine et ceci même en période de guerre.
Les occupants sont en guerre directe mais aussi en guerre indirecte de par les bombardements, les destructions, les émissions de gaz toxiques.
La tragédie est cornélienne. Nos concitoyens et concitoyennes se trouvent « arrosés » régulièrement à des moments précis de la journée ou de la nuit, par l’artillerie française ou britannique. Ces batteries de canons sont quelquefois servies par des enfants du pays. Ces bombardements anonymes froids, glacés, visent des objectifs commerciaux comme par exemple les dépôts de vivres, les parcs à bois des houillères ; ces objectifs sont quelquefois militaires, dépôts de poudre et de munitions, nœuds routiers et automobiles ; ils sont aussi balistiques et visent les chevalement des fosses, les cheminées des usines, briqueteries, les clochers des églises, beffrois des hôtels de ville.
Ce mitraillage continu par petit ou gros calibre se déchaîne lors des offensives comme celle de mai 1915 où ce fut la panique, la fuite éperdue à Liévin, Lens, Méricourt, Sallaumines, comme le cas de l’attaque alliée réussie puis avortée.
Malheureusement les objectifs civils et les civils eux-mêmes en pâtissent. Sur 142 communes de l’arrondissement de Béthune (Lens étant comprise dedans à ce moment-là), 103 sont atteintes soit 79 % se décomposant comme suit :
- destruction totale :   36 soit 25 %
- dommages graves :   23 soit 16 %
- dommages inférieurs à 50 % : 44 soit 40 %
Béthune et Lens reçurent la Légion d’Honneur et 85 autres villes ou villages, la Crois de Guerre.
Les photos ou cartes postales d’après guerre nous montrent des rues, des édifices, des quartiers transformés en amas de décombres, en magmas sans âme.
Fleury Cresson nous a retracé son retour à Souchez. Chacun à ce moment-là s’efforce de rechercher, de retrouver son « coin », son âtre grâce à un détail, un arbre, un carrelage, un puits.
Le passé historique a laissé beaucoup de ses plus beaux atours, châteaux, moulins, vielles fermes et maisons, églises et croix, calvaires, mobilier ... et notre tourisme a perdu énormément. Roger Rodière a fait en 1920 un douloureux bilan pour le mobilier classé et il est - hélas – élogieux.
Aux blessés militaires s’ajouteront les victimes civiles où l’on dénombrera des morts, blessés ou invalides. Les statistiques sont impitoyables : 12 victimes civiles à Eleu-dit-Lauwette, 35 à Harnes, 350 à Lens, 19 à Billy-Montigny et 2 condamnés à morts, 10 à Rouvroy, 100 à Hénin-liétard.
On en dénombre 17 à Souchez du 1er novembre 1914 à mai 1915, 200 à Liévin d’octobre 1914 à octobre 1915.
La liste officielle liévinoise cite 330 victimes mais, comme à Souchez, les morts ne furent pas toujours retrouvés ni même connus. A Ablain-Saint-Nazaire, les cérémonies funèbres se déroulent clandestinement ; à Liévin, dans une poussette à bras, dans un cercueil (pas toujours en bois car le bois est denrée rare), le défunt quitte le royaume des vivants vers trois heures du matin ou durant une accalmie. Le plus souvent, ces cérémonies sont hâtives et bien tristes.
Avant de passer de vie à trépas, le défunt a peut-être été soigné dans une ambulance, par exemple à Liévin et à Lens. A Liévin, sous l’impulsion de Marie Liétard et quelques autres, l’ambulance d’abord civile, soigne blessés français, civils puis par la suite indifféremment civils et allemands, travaille en collaboration avec la médecine militaire occupante. Mais, après sa suppression en juin 1915, il ne demeure qu’un médecin des mines. A Lens, se complète au départ de l’ambulance (c’est-à-dire le centre de soins fixe, embryon de l’hôpital) municipal puis celle des mines
On vit dangereusement à cette époque faite aussi de privations. Dans des maisons plus ou moins détruites ou en voie de l’être, souvent également dans des caves transformées en abris et étayées par des poutres, des madriers, des troncs d’arbres, des tôles, des sacs de sable, de terre, de gravats, du ciment, d’argile, la vie continue …N
Bientôt des affinités se découvrent, des liens se créent ; on se rencontre fréquemment. On établit des communications entre caves. C’est à ce moment que l’on parle de « Saint-Léger sous Terre », culte souterrain à Lens.
Bien sûr, par la force des choses, ce n’est plus le petit intérieur coquet, image se composant de la cafetière sur le feu flamand ou sur la cuisinière mais, malgré les rats, l’humidité, le froid, l’insalubrité, la vie difficile, l’amitié demeure un réconfort. Le bois et à fortiori le charbon sont denrées rares convoitées par les civils et les militaires. On récupère tout ce qui traîne dans les maisons abandonnées ; on grappille le charbon sur les flancs des terrils et dans les carreaux (cours) de fosses. Bien vite, les vivres s’épuisent ; le blé et le riz ont été consommés ; le lard a été entamé ; la bougie se fait rare. La dureté du régime anéantit les vieillards, le lait pratiquement absent manque horriblement aux enfants. La base de l’alimentation se compose de pommes de terre essentiellement ; ajoutons-y un peu de riz, du sucre, du café mais il ne faut pas y inclure la viande de façon quotidienne. De temps en temps à Liévin, on dépèce un cheval à même la rue et on le vend directement. Ces chevaux sont ceux qui subsistent des intelligents chevaux du fond après les inondations du réseau souterrain, et aussi les réquisitions de l’armée allemande.
A Liévin on consomme un « pain ignoble, à consistance molle et gluante ». La vente irrégulière et insuffisante de ce pain nécessite, l’hiver 1914 une longue attente devant les boulangeries. Il faut bien se nourrir …
Au printemps 1915, le comité Hispano-américain (Comitee Relief of Belgium ou CRB) et le Comité du Nord de la France, distribuent quotidiennement 250 grammes de pain gris, les haricots rouges bien célèbres, de la farine, du saindoux, du lard, du poisson salé, des conserves, du café et des biscuits. Depuis Carvin, cinq ou six commissionnaires assurent par charrettes la navette du ravitaillement malgré les soupçons, les saisies et les immenses difficultés.
Au départ, les réquisitions permettent la constitution de stocks de blé, mais les minoterie, moulins à eau ou à vapeur devinrent hors d’usage. On installe donc l’opération « moulins à café ». Elle commence à Lens, Loos-en-Gohelle et Avion, sous l’impulsion des responsables municipaux. De braves ménagères se dévouent pour moudre durant de longues heures, ce qui deviendra la farine nécessaire. Puis on installera des concasseurs à grains.
Pour éviter la spéculation, ce que l’on appellera en 1940 le « marché noir », Emile Basly crée un magasin communal. Il y en aura également un à Hénin.

On impose aux habitants de ces communes, une discipline collective mais dans le cadre d’une vie militarisée et de dictature de l’occupant. Dans la plupart des villes s’installent des Kommandantur. Ces Kommandantur obligent les disponibles c’est-à-dire les vieillards et jeunes gens à des corvées de tous genres, variant selon les communes et selon les saisons. Par exemple, à Liévin, ils doivent effectuer les travaux de voirie, de nettoyage, la confection de barricades. Les femmes sont aussi mises à contribution et doivent confectionner des sacs pour les tranchées. A Méricourt, les jeunes de 12 à 17 ans balaient et collectent les boîtes de conserves. A Rouvroy on les emploie pour faire les moissons.
Le 9 octobre 1914, les hommes liévinois de 18 à 50 ans sont déportés en Allemagne ;de même ceux d’Angres.. A Liévin, internés dans la ville même, ils demeurent préposés à des tâches campagnardes.
Les contrôles et perquisitions sont fréquents. A Liévin, on oblige les habitants à inscrire à la craie, sur la porte, la composition du foyer en donnant des détails du nom, prénom, âge et sexe. Des jeunes essaieront de se soustraire à ce régime. Il encoure comme à Angres par exemple à une peine de 15 jours dans une fosse à purin ; à Lens, certains échapperont à la botte ennemie, mais bien peu.
« L’espionnite » sévira en particulier près du front. On rencontrera certes des tentatives d’espionnage mais en général, si le désir est dans le cœur, la réalité fait peur et puis il est difficile de communiquer avec ceux qui sont bien près géographiquement mais tellement loin pratiquement.
A Liévin, un soir après le couvre-feu, on se trouvera en présence d’un individu suspect déguisé en femme ; espion allemand ou allié ? Un adolescent de 19 ans, neveu d’un pharmacien liévinois tente de franchir les lignes à l’aide d’une carte de l’artillerie allemande et des renseignements écrits. Pris par les ennemis, il sera torturé puis exécuté.
Dans la crainte, les lumières, les bougies ou lampes à pétrole sont proscrites afin d’éviter d’éventuels signaux à l’adversaire et un couvre-feu très strict règne et s’établit dès cinq heures de l’après-midi à Liévin. On confisque même un clairon à un pompier d’Angres.. Le 6 octobre 1914, l’abbé Warendeuf, curé d’Ablain, fait sonner les cloches. Arrêté, il est déporté à Douai. On l’accusera de transmettre un message aux troupes françaises. Deux coups auraient signifié non, un coup oui. Ceci nous rappelle un célèbre roman d’espionnage de Pierre Nord.
En cette période de trouble, la connaissance de la langue germanique devient un motif d’arrestation pour les suisses résidant à Liévin. Des soldats français qui ne se sont pas rendus et qui se sont cachés sont fusillés comme des espions dès leur découverte. Etre anglais est également un crime : on arrête un jockey, domestique de Maître Tacquet, notaire lensois. Les adolescentes et les femmes liévinoises doivent se soumettre à une visite médicale effectuée par un médecin-major allemand. Précaution inutile et vexatoire cela fait bien partie de la tradition hygiénique et germanique.
De nombreuses personnes se trouvent expulsées et passent devant le conseil de guerre. A Liévin, le directeur de la Compagnie des Mines, est accusé d’avoir soustrait des chevaux à l’ennemi, en fait 30 au fond de la fosse 3 de Liévin au profit des civils. Un ingénieur responsable du 4 de Liévin à Avion est interpellé pour avoir fait des signaux. Un prêtre grossit le lot des accusés avec le commissaire de police, Monsieur Marteau enfermé plusieurs jours dans son bureau.
On compte quinze personnes expulsées à Lens le 18 octobre 1915 ; ce sont des industriels, commerçants, prêtres ... L’abbé Wantier, curé de Méricourt, estimé, connu pour son franc-parler, craint des occupants, lit son bréviaire à la cuisine avec sa lampe ; il sera inquiété. A Billy-Montigny, l’abbé Jean-Baptiste Sauvage, curé depuis 1890, est arrêté le 3 octobre 1914 ; il mourra à Gustrow en Mecklembourg le 11 octobre suivant. Un vitrail rappelle sa mémoire en l’église du lieu.
On peut donc remarquer que les prêtres furent très souvent inquiétés.
Détenir des pigeons voyageurs ou autres volatiles inoffensifs destinés seulement à la casserole et aux petits pois devenait un crime, un sacrilège punissable quelquefois de mort. Les « coulonneux » se doivent de tuer en hâte ou remettre leurs fidèles amis s’ils ne veulent pas être inquiétés. Transporter un couple de pigeons, même morts est périlleux. Ce fait est corroboré par de nombreux témoignages pas seulement dans notre région, mais également dans le Nord, à Hasnon par exemple. Paul Busière sera dénoncé et non suspecté d’espionnage malgré la proximité des lignes françaises en fera les frais et finira par être fusillé à Liévin.
Malgré des « Kommandantur » d’occupation, autorités locales de cette période d’histoire, les autorités françaises sont demeurées à leur poste. Les gendarmes, militaires avaient fui sur ordre. Les commissaires de police restaient comme ceux de Billy, Liévin, Lens ; ce dernier fut blessé d’un éclat d’obus dans son bureau et dû être amputé d’une jambe. Ce qui reste des notables constitue l’autorité provisoire mais néanmoins responsable. A Liévin, c’est Arthur Lamendin, député et ancien maire, le deuxième adjoint François Sélame ; à Montigny-en-Gohelle se constitue un comité de salut public : l’abbé Cossart, curé, Arthur Houssin, adjoint et Dieu, directeur d’école en font partie. A Loos-en-Gohelle, c’est l’abbé Campagne, l’organisateur de cette vie communautaire. Les compagnies minières contribuent elles aussi au mieux être des gens et il en découle une émission de bons municipaux à Liévin, Lens, Loos-en-Gohelle, Montigny et de bons des mines dit aussi « billets de nécessité » comme à Liévin.

Cependant, ces mêmes compagnies sont touchées par une forme insidieuse mais coûteuse de la guerre : la guerre économique.
Dès le 4 octobre 1915, moment de la prise de Loos-en-Gohelle par les Anglais, les Allemands font sauter les cuvelages, dynamitent les chaudières à Lens.
A Liévin et ceci depuis octobre 1914, les Allemands précipitent les berlines dans les puits ; les échelles de remontes et les guides des cages sont détruits systématiquement par eux.
Avec l’attaque contre Lorette en 1916, c’est la recrudescence même au fond où avec les plans, le dynamitage des cuvelages est scientifique, rationnel et fait partie d’un plan militaire. Les eaux souterraines envahissent les puits voisins et qu’ils soient de compagnies différentes ou de zone occupée ou libre. Cette œuvre de mort coûtera bien cher et nécessitera leur reconstruction qui se poursuivra jusqu’en 1929. Cette démolition reprendra de plus belle en octobre 1918. Lens, Liévin, Carvin, Courrières ne sont pas épargnées. Et n’oublions pas que dans les troupes allemandes on revit des anciens ingénieurs qui avaient participé avant 1914 à l’entretien ou au montage de certains puits.
La production baisse : 4 000 000 tonnes de charbons extraites en 1913, 1 940 597 tonnes en 1915 et   2 220 035 tonnes en 1917 pour les mines du Pas-de-Calais. Au démantèlement des houillères répondent les réquisitions de métaux : bronze (cloches de la ville de Lens), cuivre à Lens et à Carvin mais aussi bois, charbon et des machines-outils, matériel de voies ferrées.
La fin du calvaire arrivera pour les ressortissants des communes proches du front. A Harnes, du 3 octobre 1914 à octobre 1918, ce fut l’occupation, mais le 17 avril 1917, c’est le départ vers la Belgique et Raismes (Nord) et le 5 juillet 1917,sur Auby (Nord). A Billy-Montigny, le 15 avril 1917, c’est l’exode vers la Belgique. A Lens, la libération du 4 octobre 1918 met fin à 4 ans d’enfer et un plan de fuite est organisé :   10 000 lensois évacués en mars 1917, 4 000 le 11 avril 1917 vers la Belgique, la Suisse (Schaffouse) et Evian. A Liévin les derniers habitants à quitter la ville le font en janvier 1917 par une température de moins 14 degrés et deux enfants et un vieillard y perdront la vie. Nous verrons pour finir le triste repliement de Souchez ; 60 personnes fuient en janvier 1915 pour la Belgique, l’Allemagne et la Suisse et après trois mois de voyage, atterrissent en Cantal et en Creuse ; les autres, dans la nuit du 7 au 8 mai 1915 gagnent Loison-sous-Lens par camions et par chemin de fer et arrivent à Bouchain où le 29 décembre 1915 et en février 1917 ils rejoindront Schaffouse en Suisse.

2 - LA VIE EN ZONE LIBRE :

Elle s’accompagne d’abord d’une augmentation de la population : Auchel passe de quatorze milles à vingt voire vingt-cinq milles habitants, Bruay-en-Artois (alors Bruay-les-Mines) de vingt-cinq à cinquante milles âmes. On remarque ce changement dans les villes minières mais également dans de nombreuses agglomérations rurales.
De nombreux réfugiés viennent de la zone occupée ; à Burbure, ils arrivent d’Avion et de Liévin.
Il faut aussi compter sur les cantonnements de militaires de nationalités diverses ; outre française, britannique, hindoue, australienne, canadienne, portugaise, indochinoise (tonkinois et annamites), africaine du Nord, sénégalaise.
Cet afflux de population s’entasse dans des taudis, ou des foyers surpeuplés, crée une proximité pas toujours bien saine. Certains liévinois entre autres, se fixèrent ailleurs, soit à Auchel, Cauchy-à-la-Tour. Pour ceux-là ce fut définitif ; ils y restèrent.
Voyons maintenant quels furent les rapports avec les militaires. La sympathie est de règle à Nœux d’après M. Dehaine, avec les Anglais, surtout pour les enfants. On réussit même à voler un cheval. On mange beaucoup, trop même de corned-beef que l’on nomme « le singe » de l’époque ; on en a « soupé », on en veut plus ; d’après une légende concernant ce mot, un noir serait tombé dans le concasseur, légende puérile … qui circule à Nœux.
On ne connaît pas la faim grâce à ses hôtes et de plus ils possèdent de l’argent. Alors s’instaure le commerce, la débrouillardise, le colportage dans un « franglais » que ne désavouerait pas Etiemble. On pratique le commerce des confiseries, des fruits, des gâteaux (beignets, gaufres, plum-pudding). Ce petit négoce des époques troublées devient vite prospère. On troque des souvenirs, des cartes, par exemple Bruay en monnaie marchande.
La vie semble heureuse, presque insouciante. Ce n’est pourtant pas le cas en réalité ; par exemple à Estrée-Blanche on se plaint de la montée des prix. Le Maréchal Fayolle dans ses carnets dépeint la tristesse de certains cantonnements à Acq,, Camblain-l’Abbé, Gauchin-le-Gal et environs et même de la saleté qui y règne. Un officier français a des propos désabusés dans ses lettres relatant son stationnement à Fontaine-lez-Boulans :
 

« Mardi 6 juillet 1915 Lettre n° 11 -
« Nous sommes installés depuis hier soir, pour le repos, à Fontaine-lez-Boulans… Une quinzaine de jours, peut-être moins, peut-être plus. Nous ne somme pas mal, mais en Alsace nous étions mieux : le pays était plus propre et plus gai ; les gens plus serviables et les denrées moins chères. Ici nous payons les œufs sept sous les deux, le vin dix-huit ou vingt sous le litre ; il est certain que les gens nous exploitent, c’est à ce demander s’ils ... »

« Lettre N° 13 -
« Comme ici ils ne nous craignent pas, ils auraient plutôt de se désintéresser de nous, ou de chercher comment ils pourraient tirer profit de nous. Pure bêtise ! car les soldats travaillent d’autant mieux qu’ils se sentent plus aimés et les communes voisines du champs de bataille auraient tout à perdre à négliger leurs hôtes temporaires. A ces réflexions tu dois reconnaître mon caractère peut-être « ronchonnant ». Du reste je doit ajouter que le lait d’ici est excellent, à peu près aussi bon que celui des Vosges, c’est-à-dire meilleur qu’à Blanzy, et qu’il ne coûte que quatre sous le litre (rarement cinq) ; on le vend à la pinte (demi-litre). Il me semble que le beurre d’Artois a une certaine renommée. On vend aussi de la bière passable à deux sous la chope (grand verre) ».
(Collection Marcel Bayart à Anvin).
Les registres historiques de Paroisse se plaignent des rapports trop étroits avec certains militaires à Ames, Bailleul-les-Pernes etc. ... et déplorent que les chairs mollissent. Comme en 1815 avec les Danois ou les Anglais il y a des naissances illégitimes. Mais il n’y a pas de moment heureux car les obus sont apatrides : ils touchent tout le monde, même les civils innocents. Ces obus sont lancés par les canons, l’aviation (Taubes), les ballons dirigeables (« saussices » ou Drachen). A Bully 37 femmes et 54 hommes sont abattus. La vie est tragique à la paroisse des Brebis (Mazingarbe et Bully), dépeinte par l’abbé Varret, même chose à Sains-en-Gohelle d’après Arsène Frère et l’abbé Darras, curé de la fosse 10 dite Sains-les-Mines, 270 obus et 71 bombes tombent à Bruay et l’on ramassera 48 tués et 13 blessés.
A Nœux c’est le couvre feu de sept heures le soir à six heures du matin dès janvier 1915 ; le 10 Mars 1915 l’usage du masque à gaz devient obligatoire pour les civils.
350 maisons ruinées, 151 morts et 151 blessés, tel fut le triste bilan dans cette ville minière qu’est Nœux.
Les objectifs militaires attirent les bombardements : camp d’aviation anglais au « Mont de Lozinghem » (entre Auchel et Lozinghem).
Et l’espionnite fleurit également : contrôle des pigeons voyageurs, conseil de guerre et déportation pour la famille Moreau à Loos-en-Gohelle, cité 5, accusée injustement  par des voisins jaloux de faire des signaux à l’ennemi.
Et pourtant la vie doit continuer et les molettes tournent encore, tant bien que mal pour l’effort national (surtout à l’occasion d’hivers froids). On renvoie les mineurs chez eux avec les fuyards. En 1917 on relève 22 000 mineurs à Bruay au lieu de 11 000 en 1913. On « écrème », on brade veines et gisements. Il suffit de citer l’exploitation des mines de Bruay : 2 700 000 tonnes en 1913, 4 504 000 tonnes en 1917.
On manque de bois ; on exploite dans le Pas-de-Calais les forêts d’Hardelot et d’Olhain. On va chercher le bois dans l’ouest et le centre de la France pour étayer les galeries. Mais comme difficultés il y a l’eau (dans les puits des mines de Béthune il y a infiltration des nappes souterraines venant de Liévin et de Lens), les bombardements qui nécessitent des protections en ciment et le camouflage des fosses. Le travail se fait de nuit sous la menace des canons ; en août 1914 la compagnie de Béthune 7 200 tonnes par jour ; en septembre 1914, 2 750 tonnes et en janvier 1917, 2 000 tonnes par jour. Le 26 septembre 1917 une émission de gaz asphyxiants sur la fosse 9 de Béthune atteint 12 personnes qui mourront. La compagnie des mines de Béthune perdra 400 mineurs, 400 « héros de la mine » comme dira Clémenceau.
Nous n’insisterons pas sur la vie pénible du « poilu » que nous décrit bien à l’époque le capitaine Humbert :
« Regardons cet Alpin qui va s’efforcer de remonter le boyau.
« Tous le bas de son corps, jusqu'à la ceinture, est enfoncé dans la salopette de toile bleue, où il a dû faire rentrer les pans de sa capote, s’il ne les a pas coupés à mi-cuisse ; ses jambes jusqu’au genoux sont ficelées dans des sacs à terre ; un sac à terre recouvre son casque, qui luirait au clair de lune. Il n’emporte pas de couverture ; à quoi lui servirait-elle, aussitôt détrempée ? Il n’aura pour confort que sa toile de tente, roulée autour du corps. Un doigt de drap attaché au quillon par une ficelle ou un lacet de cuir, protège la bouche de son fusil, et, pour pouvoir tirer en arrivant là-haut, il a entourer de toile tout l’acier de la culasse.
« Deux grosses musettes et son bidon de deux litres, « sa torpille », pendus en bandoulières lui tirent sur les épaules, le voilà prêt à entrer dans le boyau.

« Il enfonce les deux jambes jusqu’aux genoux, il tente d’en soulever une, mais il lui faut, pour cela, soulever la boue lourde, collante, compacte qui s’est refermée par dessus son pied ; où prendra-t-il appui ? A droite comme à gauche, c’est le talus éboulé le talus de boue où la main s’enfonce. Il dégage sa jambe pourtant, mais les muscles de la hanche ont travaillés ferme et, après quelques mètres de travail, il s’arrête épuisé pour reprendre haleine... Il repart. Le bombardement commence, les 210 arrivent en ronflant, les torpilles sans qu’on les entende. Que faire ? Se coucher ? Il ne peut ; il est enfoncé dans la boue jusqu’aux genoux. Courir ? Avancer ? Reculer ? Il ne saurait remuer avec une moindre lenteur. S’abriter ? Il n’y a rien, rien que le grand boyau rectiligne et évasé. Il n’y a qu’à rester là, pris par les pieds ... »

Disons simplement que Notre Dame de Lorette a toujours eu ses adeptes dans l’armée et la chapelle Notre Dame de Noulette fut le théâtre du dépôt de messages touchant évoqués par le poète Marc Bernard.
En conclusion, nous dirons que la « Grande Guerre » a détruit un capital civil, industriel et historique de façon volontaire ou involontaire. Les mœurs ont évolué, la reconstruction a été dure. Elle a donc constitué une rupture et marque la fin du XIXème plus que 1900 et le début du XXème siècle.
 
 

       
Cathédrale d'Arras avant et après la première guerre
 
 

CHRONOLOGIE REGIONALE


 

1914 :  31 août Passage des Allemands à Arras

  12 octobre Occupation de Lille

  du 1er au 26 octobre Première bataille de l’Artois

  du 17 au 20 octobre Offensive anglaise vers La Bassée

  1er décembre Les Français prennent le château de Vermelles
 

 1915 : 26 janvier Les Anglais prennent Givenchy

  10 mars Les Anglais prennent Neuve-Chapelle

  15 mars A Notre-Dame de Lorette, prise des promontoires par les Français

  15 avril Prise de l’éperon sud-est de Notre-Dame de Lorette

  9 mai Offensive alliée en Artois : Prise de La Targette

  29 mai Prise d’Ablain Saint-Nazaire

  9 juin Prise de Neuville Saint-Vaast

  17 juin Prise du Labyrinthe

  5 juillet Incendie de la Cathédrale et du Palais Saint-Vaast d’Arras

  25-29 septembre Prise de Souchez et Loos-en-Gohelle par les Alliés
 

 1916   24 – 28 janvier: Offensive allemande en Artois
 

 1917   9 – 10 avril: Prise de Vimy par les Canadiens
 

 1918   9 avril: Offensive allemande en Flandres :
    prise de Laventie, Richebourg-Saint-Vaast, Armentières, Locon,   Offensive stoppée devant Béthune.

  18 juillet :Contre-offensive générale alliée.

  2 octobre: Les Allemands évacuent Lens et Armentières

  16 octobre: Tout le Pas-de-Calais est libéré.

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Les sites de la Grande Guerre en Artois : Lorette, Vimy.

Des récits de poilus  http://GJGG.FREE.FR/priv/guerr14_18/

base de donnée consultable de l’ensemble des sépultures militaires française 14-18 situées dans les Flandres françaises et belges  http://www.inflandersfields.be/

 site relatif aux monuments commémoratifs du Pas-de-Calais    http://pagesperso-orange.fr/memoiresdepierre/

  site de la Mission Histoire du Conseil Général de la Meuse : www.verdun-meuse.fr

http://www.premiere-guerre-mondiale-1914-1918.com/

 


Roman sur la Grande Guerre dans le Nord-Pas-de-Calais intitulé "Cabaret Rouge: Midi trente !". Ce livre est destiné à perpétuer la mémoire des combattants de l'Artois et à faire découvrir les lieux de mémoire aux portes de Lens. site:  http://cabaretrougemidi30.free.fr/     Auteur: Christophe Rouviller

 

 

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